Musée ethnographique en plein air

Près de Gabrovo, se trouve un musée à ciel ouvert, étape incontournable pour les touristes, il s'agit du village Etara, agréable lieu de promenade.

La renaissance bulgare fut très tardive par rapport à celle en Europe occidentale. Pendant les siècles de grand progrès en Europe, les Bulgares, soumis au système militaire turc, étaient forcés à contribuer à la seule prospérité ottomane.

Les premiers signes perceptibles de la renaissance bulgare datent du XVIIe siècle et sont liés à la décadence de l'empire ottoman. Cette dernière est liée aux grandes découvertes géographiques, la colonisation et l'exploitation de nouvelles terres qui apportèrent l'expansion rapide et l'enrichissement aux principaux pays occidentaux. L'empire turc avait été touché par le déplacement des voies principales du trafic commercial de l'Occident de la Méditerranée vers les océans Atlantique et Pacifique. Ce fait provoqua une baisse considérable des revenus assurés par les caravanes qui passaient auparavant à travers les territoires turcs.

Les Ottomans obligèrent les peuples soumis - la raya (les sujets non-musulmans tributaires du Sultan) - à assumer entièrement les revenus nécessaires à la vie de l'État. En même temps, ils se rendirent compte que la force ne suffisait pas pour augmenter les revenus étatiques mais qu'il fallait créer un certain intérêt matériel chez ces peuples. Cette incitation donna aux terres bulgares une place privilégiée dans l'empire ottoman et stimula l'initiative commerciale des Bulgares. La demande de marchandises entraîna l'augmentation de la production et de sa qualité.

La ville de Gabrovo, située sur le versant nord-est de la chaîne balkanique, joua un rôle considérable pour l'essor économique de la Bulgarie pendant la renaissance. Ici apparaissent des chefs-d'œuvre architecturaux, des équipements techniques et de l'art artisanal.

Entrée centrale du musée de l'Etar

[Panneau en mosaïque]

Devant l'entrée centrale du musée est posé un grand panneau en mosaïque, œuvre d'Anguel Anguelov et d'Ivan Dimov, un symbole de l'hospitalité et des traditions bulgares. Lazar Dimov (1908-1976) fut l'homme qui eut l'idée de construire à Etar, proche de la ville de Gabrovo, un musée à ciel ouvert présentant la culture matérielle et spirituelle au temps de la renaissance à Gabrovo et dans ses environs. L'originalité de son musée par rapport aux autres musées du pays réside dans la façon d'exposer les objets.

Ils sont présentés en fonctionnement, tels qu'ils étaient à leur époque. Les artisans travaillent avec ces outils et produisent toute l'année.

On distingue trois sections dans ce musée :

  1. des équipements qui utilisent la force de l'eau dont une grande partie est inconnue dans le reste de l'Europe.
  2. Une rue artisanale avec quinze types de maisons de l'époque dans lesquelles on trouve au rez-de-chaussée des ateliers artisanaux et des magasins commerciaux et à l'étage des salles d'exposition.
  3. Des bâtiments publics comme une tour avec horloge, des ponts, des fontaines en pierre, une église etc.

Toutes les productions artisanales de l'époque se vendaient d'Istanbul à Vienne et même en Angleterre.

Les vingt-six métiers artisanaux de la renaissance bulgare sont représentés au musée, conformes à l'époque, certains ayant existé à ces endroits mêmes. On constate depuis la création du musée, il y a trente cinq ans, que la démonstration du travail artisanal de l'époque présente le plus grand intérêt pour les visiteurs.

Activités de l'époque de la renaissance

Voici trois exemples des activités de l'époque de la renaissance, représentées au musée.

La rue du marché artisanal

[Rue de Etara]
photo : BloodIce/wikimedia

Elle présente quinze copies de maisons de la renaissance qui ont existé à Gabrovo et dans ses environs. Celles-ci sont jolies et confortables, bâties avec leurs façades sur la rue. Ainsi, l'artisan avait un contact direct avec le client. Les rues sont étroites et à certains endroits les toits des maisons se touchent. Les vérandas sont avancées et assurent l'espace et la lumière à l'étage.

Ces maisons élégantes sont un signe de la bonne situation économique de leurs propriétaires.

Iconographie

[Atelier d'un iconographe]

L'iconographie apparaît avec la christianisation au IXe siècle et exprime la nécessité de représenter les saints chrétiens et les événements bibliques. L'iconographie se développa pendant le Premier et le Deuxième Royaume Bulgare. Au temps du joug turc, elle fut en stagnation et reprit son essor pendant la renaissance. Trois écoles iconographiques se formèrent dans le pays : à Débar, à Bansko et à Troyan. À Gabrovo, l'iconographie fut influencée surtout par l'école de Troyan. La matière principale sur laquelle on dessine les icônes est le bois.

Instruments de musique folklorique

Les racines de la musique folklorique bulgare se perdent dans les temps lointains. La structure des instruments repose sur les trouvailles archéologiques.

Un artisan fabrique un kaval

Dans l'atelier à Etar on produit différents types d'instruments folkloriques parmi lesquels les plus populaires sont les kavals (flûtes typiques des Balkans). On les confectionne à partir de bois dur qui amplifie le son comme le bois de prunier, d'abricotier, de cornouiller. Le kaval se fait en trois parties et exige un travail très attentif avec une vrille et un tour. La perforation des trous, sept de face et un derrière servant de résonateur, exige la plus grande attention.

Le marché à Etara se tait seulement le jour de la fête du patron des artisans, Saint Spiridon, le 12 décembre. En ce jour l'on va à l'église pour la santé des artisans et pour le succès du travail. Chacun boit un verre de vin à leur santé et visite les expositions de leurs œuvres.

Dimitrina Aslanian

Madame Aslanian est l'auteure du livre
Histoire de la Bulgarie de l'Antiquité à nos jours

Le nom Etar

Etar est le nom de la rivière qui a donné son nom au musée-village, mais comme il est rendu célèbre par le musée et ses autres particularités, il est rentré dans la culture nationale et l'on le désigne familièrement sous le nom « Etara » pour signifier qu'il est spécial et est rentré dans les us et coutumes du pays. D'après les règles de translittération de l'alphabet cyrillique vers l'alphabet latin, on peut écrire « Etyr ».

Pour information

Le musée d'Etar www.etar.org
Photos de Nikola Gruev

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