La Bulgarie en miniature

Projet de Sani Saninski et de Stéphanie Ratcheva

Si vous voulez visiter tout le pays de l'ouest (Sofia) à l'est (la mer Noire), du nord (les villes au bord du Danube) au sud (les villes près de la Grèce ou de la Turquie) sans vous déplacer, l'exposition magique des maquettes répliques en 3D des bâtiments, monuments, endroits et villes remarquables pour l'histoire et la culture de Bulgarie, vous le permet.

България на длан - la Bulgarie dans la paume d'une main

L'idée de la création de l'exposition appartient au metteur en scène et acteur Sani Saninski (Съни Сънински - Sunny Sunninski) et à l'actrice Stéphanie Ratcheva. Ils ont voulu populariser l'héritage de la culture et de l'histoire bulgares et consolider la place de la Bulgarie en Europe comme un pays successeur de différentes civilisations et cultures.

Monastère de Rila
Réplique du monastère de Rila

Le public peut ressentir l'atmosphère des lieux et patrimoines présentés grâce à la scénographie de toute une équipe composée de maquettistes, sculpteurs, experts informatiques, ingénieurs de son et lumière etc.

« La Bulgarie dans la paume » n'est pas une exposition comme les autres, c'est un spectacle absorbant qui par ses effets sonores et visuels fait jaillir des émotions inoubliables. On peut y entendre le son de l'ouverture des portes du Monastère de Rila, les pas des religieux et les cantiques des moines.

Les Bulgares éprouvent sans doute un sentiment d'admiration et de fierté dû à l'histoire de leur pays.

Après avoir quitté la salle on reste envahi par les émotions.

Le Palais Royal
Maquette du Palais royal de Sofia

Parmi les premières maquettes, représentées au début de l'exposition, on retrouve le Monastère de Rila, le Théâtre national  Ivan Vazov de Sofia, le Palais Royal de Sofia, la Cathédrale Alexandre Nevski de Sofia, les maisons de l'époque de la Renaissance à Koprivshtitsa, le Théâtre antique de Plovdiv, la forteresse Tsarevets de Veliko Tarnovo, le Chevalier de Madara (Madarski konnik) et d'autres. En 2008 trois nouvelles présentations ont fait leur apparition. Il s'âgit du Trésor de Panagurishté, le pont couvert de Kolio Fitcheto à Lovetch et l'église russe de Shipka. L'étape suivante est ambitieuse et comprend l'Université de Sofia Saint Clément d'Ohrid, la gare ferroviaire de Varna etc.

À la veille de la fête nationale de Bulgarie, le 2 mars 2009, soir, une nouvelle maquette a été inaugurée au Centre culturel Krasno selo où se trouve l'exposition permanente « La Bulgarie dans la paume ». Elle représente l'église bulgare « Saint Stephane » (Sveti Stefan), située à Istanboul en Turquie, célèbre encore comme l'église de fer. Avec elle on pose le début de la nouvelle rubrique des maquettes :

La Bulgarie dans la paume – au-delà des frontières

L'église « Saint Stephane » est l'unique église orthodoxe réalisée en fer. Elle date du 19e siècle. L'exposition présente également les nouvelles maquettes du Palais des khans bulgares à Pliska et la salle du Trône à Veliki Preslav. Ce projet a été réalisé grâce au travail du peintre Todor Anguéliev, du photographe Evguenie Dimitrov et de l'archéologue Nikolay Ovtcharov. En juin 2009 monsieur Suninski a informé les médias bulgares du nouveau projet en commun avec le maire de la ville de Belogradtchik pour la création du phénomène naturel des rochers en grès rouge ayant la forme d'étranges formes humaines et animales Belogradtchishki skali (les rochers de Belogradtchik).

Lieux de l'exposition

Après être restée plusieurs années à Sofia, l'exposition est devenue itinérante en Bulgarie et à l'étranger. Jusque fin septembre 2016 on peut la visiter à Pravetz - située à environ 60 km de Sofia - au musée historique - rue Todor Jivkov.

Le projet Bulgaria na dlan de maquettes en plein-air est en cours de réalisation pour l'année 2018.

Entretien avec Sani Saninski

Sani Saninski est le président de l'association ATOS (Association théâtrale et éducative alternative) ainsi que créateur du projet « La Bulgarie en Miniature - Son et Lumière ».

A. Cholakova. - D'où vous est venue l'idée de ce projet ? Quelle était votre ambition ?

Sani Saninski. - L'idée est née par hasard. J'ai un intérêt très fort envers les maisons anciennes. Il y a quelques années j'ai acheté une ferme que je renouvelle. En réfléchissant de quelle façon on pourrait restaurer les maisons à l'identique, j'ai pensé de faire une petite chapelle, alors nous avons décidé avec Stéphanie Ratcheva qu'elle sera la réplique d'une des chapelles bulgares connues et qu'elle ressemblera à l'église de Boyana.

Ensuite on a décidé de créer les maquettes d'endroits historiques avec le son et la lumière et de cette manière ils se convertiront en un projet théâtral, avec de l'éclairage, de la musique, des petites figurines de personnes qui feront ressentir la vie. Quand nous avons réalisé le projet entièrement, nous avons senti la force de notre idée. Ce n'est pas une exposition mais beaucoup plus, c'est une idéologie, une manière de penser, un spectacle qui permet de faire revivre l'atmosphère, de provoquer des émotions et des sentiments, de faire surgir des questions.

A. Ch. - Comment avez-vous choisi quelles maquettes devraient être réalisées en premier ? Quel était le critère essentiel ?

S. San. - Nous avons choisi trois critères. Le premier et le plus important est le critère de signification nationale, ce qui inclut non seulement l'héritage culturel et historique mais aussi des édifices emblématiques qui sont devenus un symbole national, des usines même, une partie de l'économie.

Le deuxième critère est la signification architecturale et l'aspect spectaculaire.

Le troisième est financier. J'ai financé moi-même une grande partie. L'Agence du tourisme, le maire de Kavarna, le maire de Veliko Tarnovo, SARL Asenova krepost, le Ministère de l'Intérieur, la Présidence ont contribué. Le président de la République bulgare est devenu le parrain du projet.

A. Ch. - Quand a été inaugurée l’exposition dans la capitale de Bulgarie ?

Comment les gens ont-ils réagi par rapport à ce projet ?

Quelle est votre impression quelques années plus tard après que l'exposition soit devenue permanente ? L'intérêt envers le projet a-t-il augmenté ?

S. San. - L'inauguration s'est déroulée le 22 mai 2005 à la Bourse du Tourisme. J'avais demandé la création des maquettes à plusieurs ateliers. J'avais confié à d'autres personnes la musique et le système informatique. Personne ne savait que tout cela serait rassemblé en un seul projet. Quand nous avions vu le résultat nous étions tous éblouis. Assurément l'exposition suscite de l'intérêt. Les personnes qui la visitent considèrent le projet comme une nécessité et attendent les nouvelles entrées.

A. Ch. - À quels autres pays le projet « Bulgarie dans la paume » a-t-il été présenté ? Comment a-t-il été accueilli à Berlin et à Bruxelles en octobre-novembre 2006 ?

S. San. - À Bruxelles, l'exposition a eu lieu dans le bâtiment de la Commission Européenne mais avant le projet a été exposé à l'Ambassade bulgare. Nous avons visité également Stuttgart. L'intérêt est toujours au rendez-vous. Cependant le voyage est très difficile à organiser car il demande une grande organisation surtout concernant les maquettes. Le plus grand atout de l'exposition est le fait qu'elle peut être déplacée, ce qui étonne les étrangers et augmente leur intérêt envers la Bulgarie. Force est de constater que le projet représente une Bulgarie idéale avec sa richesse historique

A. Ch. - Racontez nous comment s'est déroulée l'inauguration du modèle réduit du Monastère de Rila au Parc Mini-Europe à Bruxelles le 22 mai 2008 ? La Bulgarie sera-t-elle plus connue ? Serons-nous plus fiers du fait que notre patrimoine culturel a été vu et apprécié ? Pouvons-nous nous sentir égaux aux autres pays de l'UEprésents avec plus de 350 modèles réduits de leurs monuments architecturaux des plus remarquables ?

S. San. - La copie du Monastère de Rila a été élaborée dans l'atelier « La Bulgarie dans la paume  ». C'est la première maquette qui a été créée pour le montage extérieur. C'est un succès pour nous car le parc de Mini Europe est visité par plus de 2000 personnes par jour. Le Monastère de Rila étonne avec sa beauté cachée et une technique de construction différente, c'est le seul temple orthodoxe qui de plus a des dimensions impressionnantes. Les Bulgares doivent être fiers de l'héritage national et on ne doit pas attendre de note et d'estimation de la part de l'Europe. La maquette a été inaugurée par le ministre de la culture le professeur Stefan Danailov.

A. Ch. - Pensez-vous visiter Paris où vivent beaucoup de Bulgares et où existe une association franco-bulgare qui s'active à faire connaitre l'histoire et la culture bulgare ?

S. San. - Mme Bokova nous a déjà invités à trois reprises, cependant un voyage demande au moins une année de préparation et le transport des objets. Depuis que notre exposition est devenue permanente, il est désormais plus difficile de fermer l'exposition pour enlever une maquette et l'exposer à l'étranger. Toutefois nous continuons de voyager. Nous avons visité la Macédoine, la ville de Dobrich. Nous serions très heureux de venir à Paris car c'est une capitale mondiale. Nous sommes persuadés que Bulgares et étrangers apprécieront le projet. Pour l'instant nous ne pouvons que souhaiter une visite à Paris.

A. Ch. - Comment vous avez choisi le puzzle pour le logo du projet ? Qu'est-ce qu'il symbolise ?

Logo Bulgaria na dlan

S. San. - Nous avons commencé avec le puzzle car c'est un jeu très intéressant dans lequel on construit en réunissant parcelle par parcelle. Nous avons voulu provoquer tant chez les enfants que chez les adultes une nouvelle vue de l'histoire bulgare. Aujourd'hui le logo a subi quelques changements. La devise est : 111 000 km2/h ou comment visiter la Bulgarie en une heure. Nous voudrions que les touristes puissent se donner une idée de la Bulgarie et choisir où ils veulent se rendre et que voir de près. Une aide précieuse pour faire connaître le projet nous est prêtée par la compagnie aérienne Bulgaria Air qui distribue nos brochures à bord de ses avions qui desservent toutes les destinations.

A. Ch. - Vous avez impressioné tous les gens qui apprécient la culture et l'histoire de la Bulgarie avec les trois nouvelles maquettes : Le trésor de Panagurishté, le pont couvert de Kolio Fitcheto à Lovetch et l'église russe de Shipka. Quel est le trait qui les réunit et les rend intéressants ?

S. San. - C'est le premier pont de l'exposition. Il est vrai que le pont couvert est un message extraordinaire de son époque. L'église russe est l'un des symboles de la Bulgarie et elle impressionne par son architecture. En ce qui concerne le trésor de Panagurishte, il est fabriqué deux fois plus grand que l'original. Sa disposition est intéressante car il est posée sur des socles qui tournent. Les objets du trésor ont été créés pour représenter la Bulgarie à la Foire annuelle du Mans en septembre 2006, organisé par l'association Solidarité franco-bulgare. Les nouveaux projets portent toujours le signe de l'émotion, il y a de la musique et des jeux de lumières pour pouvoir admirer les copies sous différents angles. Ce qui réunit les monuments exposés est leur unicité.

A. Ch. - Quels sont vos projets suivants ?

S. San. - Nous prévoyons de faire des maquettes des gares bulgares : celles de Varna et de Bourgas. Ensuite, des édifices hors de Bulgarie mais qui restent bulgares. Le projet ira au-delà des 100 lieux nationaux.

A. Ch. - Avez-vous d'autres idées à travers lesquelles vous pouvez présenter notre pays et le faire intégrer dans la famille européenne dont il fait partie depuis son passé ?

S. San. - Oui, en effet, j'ai l'idée de créer une attraction culturelle du même genre qui portera le nom de La Bulgarie en Miniature où on pourrait entrer le matin, ressortir le soir sans avoir tout visité pour pouvoir y retourner. Je pense à 250 maquettes, installées par périodes, par événements etc. Il y aura aussi une bibliothèque, une présentation audio-visuelle, le monde aquatique, les gares. L'objectif est qu'elle puisse être visitée par les adultes mais aussi les enfants. Que l'on puisse comprendre quel genre de pays est la Bulgarie. Nous menons des négociations avec la ville de Sofia pour trouver un terrain approprié. À mon avis, la culture est la base de l'éducation d'une nation. Cette attraction va présenter d'une manière contemporaine le patrimoine national, et de manière générale l'endroit où vivra l'esprit culturel bulgare.

A. Ch. - Que pouvez-vous souhaiter aux Bulgares en Bulgarie et à l'étranger ?

S. San. - Il y a quelques années j'avais écrit qu'être Bulgare en Bulgarie est redevenu à la mode. Aujourd'hui je peux dire qu'en général être Bulgare devient en vogue. J'ai le sentiment d'un ralliement peu importe où l'on vit. J'ai décidé de rester vivre en Bulgarie car je me rend compte de ma mission dans ce pays. Je voudrais souhaiter à tous ceux qui se sentent Bulgares de penser de telle manière qu'ils puissent être fiers de ce qu'ils ont fait pour leur pays. Ce que je leur souhaite également est de prêter plus attention à la beauté car cela peut changer beaucoup de choses. Il faut croire en la beauté, l'esthétisme, le bonheur de l'âme et ne pas toujours chercher le côté pratique et utile. Je leur souhaite d'être en bonne santé sinon rien n'est possible. Enfin, je veux inviter tout le monde à visiter notre exposition en Bulgarie.

Angela Cholakova

Crédit photos ©Angela Cholakova
Collaboration de Guergana Stoykova

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