Physique de la mélancolie de Gueorgui Gospodinov

Les ouvrages et leurs auteurs.
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Françoise
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Physique de la mélancolie de Gueorgui Gospodinov

Message par Françoise » vendredi 27 mars 2015 18:53

Gueorgui Gospodinov est un écrivain-poète très connu en Bulgarie et dont plusieurs romans ont été traduits et édités en français :
L'alphabet des femmes (recueil de nouvelles), Un roman naturel, traduits par Marie Vrinat.
Son dernier ouvrage - en bulgare Физика на тъгата - a été publié en mars 2015 par les éditions Intervalles.
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Physique de la mélancolie, roman-labyrinthe, apparaît comme un prolongement et un dépassement longuement et patiemment mûri de cette quête du moi qui englobe tous les autres « moi », et ce, dès le tout début du roman, dans son prologue qui déclare : « Je sommes nous. »

Dans ce labyrinthe (celui des histoires, mais aussi celui du Minotaure, alter ego du narrateur) Guéorgui Gospodinov pousse plus loin cette démultiplication des « je ». Que de non-vécu, de manqué, de passé à côté, de laissé de côté dans une existence ! De multiples fils d’Ariane relient ce moi incomplet d’ici et maintenant aux autres « moi » d’autres lieux et d’autres époques, humains, animaux ou plantes le transformant en un moi collectif, empathique, qui lui permet de traverser les âges et d’entrer tour à tour dans les histoires et les corps de son grand-père dans la Hongrie de 1945, du Minotaure, de Guéorgui Gospodinov dans la Bulgarie communiste et post communiste de 1968 à 2011, d’une mouche à vin, d’un nuage de printemps, d’une perdrix, etc.

Avec l’enfance prend fin l’empathie. Le moi collectionne, « achète » alors les histoires d’autrui, encapsule le temps. Pour retarder la fin du monde. Pour ne pas oublier. Ce que l’on oublie habituellement, le périssable, l’éphémère, le quotidien, l’oublié par la « Grande Histoire », le Minotaure. Parce que le sublime est partout, même dans « l’architecture, la physique et la métaphysique de la bouse de buffle ». Parce que le passé est le seul futur possible. Car, si l’imbrication de l’Histoire et des histoires personnelles, la mélancolie suscitée par l’impossibilité de communiquer vraiment entre les êtres, traversent l’oeuvre de Gospodinov, elle est également « imbibée » du sentiment des apocalypses à venir.

Présenté à Paris à l'Institut culturel bulgare le 25 mars 2015.
Du 29 au 30 mai 2015, invité au festival Atlantide à Nantes.
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