Le Tchouchkopek

Certains écrivent thoushkopek, chushkopek, tshushkopek ou encore tchoushkopec, 4ushkopek, etc.

[Dessin de l'appareil pour griller les poivrons]Tout le monde en Bulgarie sait ce que c'est qu'un чушкопек, et à quoi il sert. Alors quand j'ai décidé d'écrire cet article, je me suis dit, que ça va être un jeu d'enfant, étant l'un des objets les plus connus et répandus en Bulgarie, je devais forcément trouver plein d'informations sur lui. Mais, une fois en Bulgarie, je suis restée perplexe de voir qu'une des plus grandes bibliothèques du pays ne possédait que quelques dessins et inscriptions techniques, dans des vieux journaux d'il y a 20 ans. Alors je me suis tournée vers tout le monde en Bulgarie qui connaissait le thchouchkopek (чушкопек).

Voici ce que j'ai appris : le tchouchkopek, comme son nom l'indique, sert à cuire les poivrons :

tchouchka=poivrons + peka=cuire = tchouchkopek : cuit poivrons.

Cet appareil est connu et utilisé essentiellement en Bulgarie et pour comprendre la logique de sa création, il faut faire un retour dans l'histoire.

Depuis des siècles les Bulgares, à l'arrivée de l'automne, commençaient à préparer de la nourriture pour passer les longs et très froids mois d'hiver. Ils conservaient toutes sortes de nourritures : de la viande, des fruits, des légumes, en grandes quantités, qu'ils mettaient dans des bocaux en verre ou en terre cuite. Dans leur jardin, ils fabriquaient une espèce de cheminée, qui consistait à mettre une feuille de métal sur quelques pierres et de l'utiliser comme une plaque chauffante, pour griller des poivrons, des aubergines, des pommes de terre, de la viande, etc.

Avec l'arrivé du communisme et la ruée des masses vers les grandes villes et les usines, il est devenu difficile de construire une telle cheminée dans un petit appartement dans la grande jungle du béton des quartiers populaires, sans parler de la gêne que la fumée allait occasionner aux voisins. Au début les gens construisaient une cheminée devant ou derrière l'immeuble et tout le monde s'en servait, car, malgré les supermarchés fraîchement construits, et la grande diversité des boîtes de conserve qu'ils contenaient, le peuple bulgare ne pouvait se défaire de ses traditions. Puis les feuilles de métal commençèrent à disparaître. De chercher à les remplacer chaque fois devenait agaçant.

Et voilà qu'un jour, quelqu'un d'intelligent (je n'ai pas réussi à trouver qui), a découvert que certaines briques peuvent supporter une température assez élevée sans se briser. Il a du être en peu ingénieur, car il a eu l'état d'esprit d'enfermer cette brique dans une boîte et d'effectuer un branchement électrique. Finalement ce n'était pas plus compliqué que ça ! L'appareil a eu un tel succès, qu'il a été rapidement commercialisé et même développé afin de pouvoir cuire deux ou même trois poivrons en même temps. Et si vous voulez un bon conseil, vous devriez vous acheter un tchouchkopek pour trois poivrons car avec ce modèle vous pourrez cuire aussi des aubergines et d'autres choses.

Notes de Youriy et Françoise

Claire Ière de Bulgarie

Nous remercions Claire d'avoir rédigé ce texte à notre demande.

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