L'union nationale agrarienne bulgare : 1899-1947

En 1899 le monde rural se révolte, puis Aleksander Stambolijski [Alexandre Stambolijski] devient la figure du parti de l'Union agrarienne.

©Résumé très succint de la thèse de doctorat portant le même intitulé et soutenue à l'Université Paris I Panthéon Sorbonne par madame Y.M.Tchoreloff.

Un difficile chemin vers la démocratie

À la fin du 19e siècle, la société bulgare est une société qui s'éveille après cinq siècles de domination ottomane, une société qui a mis tous ses espoirs dans la « libération » en 1878, et qui, trente ans plus tard, se retrouve déjà figée dans une situation politique que le peuple n'a pas choisie mais qu'il subit. C'est une société dans laquelle 80% de la population – le monde rural – s'estime mis à l'écart du processus décisionnel et lésée par un groupe minoritaire souvent éduqué à l'étranger : les militaires, fonctionnaires, hommes de lois : 20% qui se sont éloignés de la vie traditionnelle du pays et des besoins de la majorité de sa population et qui se sont accaparés le pouvoir politique.

C'est dans ce contexte que va naître l'Union agrarienne.

Naissance de l'Union

À la fin du mois de décembre 1899, à l'appel d'un groupe d'instituteurs, de popes de villages, d'agronomes, des paysans se dirigent, nombreux, vers la ville de Pleven. Ils se retrouveront 800, rassemblés pour jeter les bases d'une UNION paysanne, sorte de syndicat agricole à l'origine, dans le but de dénoncer les impôts trop lourds et inéquitables, le rôle néfaste des usuriers, la baisse du prix des grains, et pour réclamer la création de coopératives, l'obtention de crédits facilement utilisables et à des taux raisonnables, pour promouvoir le remembrement des terres et aussi pour qu'un effort soit fait en faveur de l'éducation et de la formation professionnelle dans le monde rural.

Ce programme n'avait rien de très révolutionnaire, mais il fut traité avec une totale indifférence au niveau du gouvernement qui n'hésita pas à envoyer ses forces répressives pour mater les révoltes des paysans exaspérés. On compta des dizaines de morts dans la région de Ruse [Rousse] en particulier, des arrestations, des bastonnades...

Devant cet état de fait, l'Union modifia sa charte et en 1901 elle devint un véritable parti politique, espérant ainsi pouvoir influer sur les décisions prises par le gouvernement. L'organisation prit à ce moment le nom officiel d'Union Nationale Agrarienne Bulgare.

C'est au cinquième congrès de l'Union, en 1903 qu'apparaît pour la première fois le nom d'Aleksander Stambolijski qui va devenir la figure emblématique du mouvement. Il s'investira corps et âme dans son combat, jusqu'au sacrifice de sa vie, pour la promotion sociale et culturelle du monde paysan, pour que soient respectés les termes de la constitution qui faisait de la Bulgarie une monarchie parlementaire, alors que le Roi allemand, Ferdinand de Saxe-Cobourg se proclame Tsar et règne en autocrate. C'est Stambolijski aussi qui en 1909 publiera son livre Partis politiques ou corporations professionnelles dans lequel il fait le bilan de la situation paysanne et explique en détail le contenu de la philosophie politique du mouvement agrarien. Ce livre servira de bible à tous les députés agrariens élus au parlement jusqu'en 1923.

Avec Stambolijski, l'Union n'allait pas tarder à prendre sa place dans le paysage politique bulgare.

En 1908 aux élections législatives qui font suite à l'assassinat du Premier Ministre Dimitar Petkov, L'UNION obtient 11,2% des suffrages, 23 députés, elle devient la seconde force politique du pays. Stambolijski est élu député. Entrés au parlement en force, les agrariens se sont opposés à tout ce qui leur semblait se faire hors des règles constitutionnelles, le régime personnel de Ferdinand était donc leur cible favorite.

La période de 1912 à 1918 fut une période dramatique pour la Bulgarie en raison de la politique extérieure conduite par le Roi Ferdinand : le 5 octobre 1912, malgré une vigoureuse campagne menée par les agrariens contre l'entrée en guerre de la Bulgarie, le Roi engage ses troupes dans ce qu'on appellera les guerres balkaniques. Le 10 août 1913 le traité de Bucarest mettait fin aux hostilités et entérinait la défaite militaire des Bulgares. La Bulgarie perdait la riche province de Dobroudja donnée à la Roumanie, gagnait un petit morceau de la Thrace orientale avec le port de Dédéagach alors que la Serbie et la Grèce, alliés, puis ennemis doublaient leurs territoires aux dépends de la Turquie.

À peine la Bulgarie avait-elle commencé à cicatriser ses blessures que survint l'attentat de Sarajevo et le début de la Grande Guerre. Les agrariens se joignaient alors aux autres partis d'opposition pour appeler à la neutralité de la Bulgarie et Stambolijski lançait un appel en faveur de l'union des peuples balkaniques devant la menace de guerre. Après une entrevue très orageuse avec le Roi Ferdinand, Stambolijski fut arrêté pour s'être opposé au Roi et à l'entrée de la Bulgarie dans la guerre, et condamné à mort. Devant les protestations de l'opposition la peine fut commuée en peine d'emprisonnement à vie. Le 5 octobre de la même année la Bulgarie entrait en guerre aux côtés de l'Allemagne, Stambolijski et les autres dirigeants agrariens passèrent tout le temps de la guerre en prison jusqu'en 1919. Privée de son principal dirigeant, l'UNION connut alors une certaine période de déclin.

La guerre de nouveau perdue, Stambolijski et ses compagnons recouvrent la liberté le 25 septembre 1918. L'armistice est signé. Le 3 octobre le Roi Ferdinand abdique en faveur de son fils Boris et regagne le domaine familial en Allemagne. Enfin, le 27 novembre 1919 le traité de Neuilly cèlera une nouvelle fois le sort de la Bulgarie. Elle ne pourra que subir les clauses d'un traité qui la réduira à la misère et au désespoir, l'opposition bulgare à la guerre n'a pas été prise en compte.

Les agrariens au pouvoir

portrait
Aleksander Stambolijski

Le 6 octobre 1919 Stambolijski, à l'issue des élections législatives du 17 août 1919, prenait démocratiquement la tête d'un gouvernement de coalition qui dura jusqu'en mars 1920. Cette législature prit de suite un tour dramatique car le parti communiste bulgare, soutenu et guidé par Moscou, entamait une série de grèves violentes destinées à renverser le gouvernement pour le remplacer comme en Allemagne ou en Hongrie par une république des soviets.

Après un bras de fer qui dura jusqu'au 19 février 1920, Stambolijski parvint à maitriser la situation et à ramener la paix civile dans le pays. Les résultats des élections qui suivirent ces évènements donnèrent une majorité renforcée aux agrariens qui vont pouvoir former un gouvernement homogène et appliquer leur programme, mais seulement dans la limite imposée par les clauses du traité de Neuilly. Le gouvernement bulgare se trouvait en effet coiffé par la commission de contrôle interalliée. Dans son vaste effort de réorganisation, Stambolijski devra également faire face à l'opposition des partis bourgeois au pouvoir sous Ferdinand.

Les clauses territoriales du traité obligeaient la Bulgarie à céder des territoires à la Serbie, à la Grèce et à la Roumanie. Il fallut donc faire face à un afflux de réfugiés considérable plus de 250 000 personnes errant sur les chemins de l'exil. Les clauses économiques portaient à 2.250 millions de francs-or l'indemnité de guerre à verser aux alliés, sans oublier du charbon, du bétail, du matériel ferroviaire etc. Enfin, les clauses militaires impliquaient la dissolution de l'armée, et des écoles militaires. La marine de guerre, l'aviation, le matériel militaire devaient être livrés. Plus de 100.000 hommes étaient morts sur les champs de batailles, les blessés se comptaient par dizaines de milliers. Voilà le pays humilié et dans la misère que le Roi Ferdinand laissait en héritage à Stambolijski.

Fidèle au programme de l'UNION, le premier ministre et son gouvernement firent cependant face aux difficultés en respectant autant que possible le programme de l'Union :

Qu'arriva t-il alors ? Les partis d'opposition au régime agrarien dont certains formés en Italie au régime de Mussolini, ainsi que les anciens militaires, las d'être évincés du pouvoir, inquiets des réformes agrariennes qui les touchaient particulièrement, inquiets de l'influence grandissante des agrariens aux élections d'avril 1923, ont, pour se défendre, assimilé les agrariens aux bolcheviques aux yeux du monde et se sont unis pour fomenter un coup d'état afin de renverser le gouvernement en place. Le 9 juin 1923 les mutins prenaient le pouvoir à Sofia et le 14 juin Stambolijski était capturé par les militaires qui le soumirent à la torture la plus bestiale une nuit entière et finirent par l'assassiner. Le Roi Boris, complice, avait laissé faire. Le sang coula dans toute la Bulgarie : à Sofia au moins vingt députés agrariens furent fusillés ainsi que les leaders des jeunesses agrariennes, les prisons étaient pleines et un climat de terreur régna dans les campagnes tandis que s'installait à Sofia un gouvernement insurrectionnel et totalitaire.

Un certain nombre de leaders agrariens échappa au massacre et se réfugia à Prague et à Belgrade pour constituer une UNION en exil alors que l'UNION était interdite en Bulgarie. Cette UNION en exil joua un rôle important pour faire connaître à l'extérieur les problèmes politiques de la Bulgarie et pour permettre à l'idée de l'agrarisme de perdurer, bien qu'étouffée à l'interieur. Une seconde vague de terribles massacres s'abattit encore sur les agrariens en avril 1925 à la suite d'un attentat sanglant fomenté par les communistes et visant le Roi Boris dans une cathédrale de Sofia.

Les agrariens dans l'opposition démocratique

La loi martiale d'abord puis la loi sur la défense de l'état édictées par le nouveau gouvernement avaient suspendu toutes les libertés, bafouant ainsi les termes de la Constitution.

C'est pourquoi après 1925 on assiste à un tournant important dans la vie politique de l'UNION. Le but poursuivi par les agrariens changea de nature : exclus de la vie politique, ils vont s'attacher à reconstruire le parti et à lutter pour la restitution des libertés fondamentales confisquées et le retour aux termes de la Constitution de Turnovo, c'est-à-dire à la légalité constitutionnelle.

C'est seulement après les élections législatives de 1931 (les dernières élections libres jusqu'en 1991) qu'on les retrouve, dans le bloc populaire, élus au Parlement, et comme la seconde force politique du pays avec des ministres au gouvernement. Les libertés sont rendues au peuple. Mais nous sommes encore dans la période de la grande crise économique mondiale et le ministre de l'agriculture, l'agrarien Gitchev a très peu de marges de manœuvre pour engager les réformes prévues par le programme agrarien, de plus, dès 1933-1934, le Roi engage progressivement l'économie bulgare dans le sillon de l'Allemagne nationale-socialiste.

Des dissensions au sein de l'équipe gouvernementale et une atmosphère délétère au parlement vont de nouveau entraîner un coup d'état dirigé par les militaires et une nouvelle formation politique le Zveno. Nous sommes le 19 mai 1934 et pour la seconde fois les libertés démocratiques vont être totalement confisquées. Habile politique, le Roi s'emparera de ce pouvoir insurrectionnel l'année suivante et durant près de 10 années il va instaurer un régime personnel, totalitaire, dans lequel les partis politiques sont dissous par le gouvernement Zveno et donc les agrariens réduits au silence. Ceci ne signifie pas qu'ils ne vont pas mener une vie clandestine active comme les autres partis d'opposition. Durant 4 années le Roi et son Premier ministre gouvernent par ordonnances.

Au cours des années 1938-1940 les agrariens n'ont pas cessé de dénoncer et de s'opposer au rapprochement de plus en plus visible du Roi Boris avec Hitler et le Reich allemand dont il espérait le soutien pour reconquérir les terres perdues en 1918 au traité de Neuilly. L'opposition démocratique, dont les agrariens, est très inquiète, et un appel au Roi pour qu'il renonce à s'engager plus avant dans ce sens est rejeté par le souverain.Les élections de 1938 et 1939 ne seront que des simulacres.

Enfin, le 1er mars 1941 le Roi et son gouvernement, tout en affirmant la neutralité de la Bulgarie se rangent aux côtés des puissances fascistes de l'Axe et signent son entrée officielle dans le pacte tripartite. Le Docteur G.M.Dimitrov secrétaire général de l'UNION pour avoir signé avec les autres partis d'opposition une requête adressée au Roi en février contre ce projet, voit son domicile envahi par la police et il ne doit la vie sauve qu'à une fuite rocambolesque à travers la ville. Il passera toutes les années de guerre en exil au Moyen Orient. Les agrariens sont pourchassés comme le sont les communistes qui ont pris le « maquis ». Ces derniers y mènent la lutte armée alors que les agrariens se situent toujours sur le plan de la légalité constitutionnelle qui est l'essence même de leur revendication.

Le 25 décembre 1941 la justice royale bulgare condamne à mort par pendaison le Docteur Dimitrov et dix de ses compagnons agrariens, d'autres écoperont de 15 à 20 ans de prison.

En 1943, grâce à la pression de l'ensemble de l'opposition démocratique, dont les agrariens, et surtout l'Église, les juifs bulgares soumis à la loi antisémite « pour la défense de la nation  » votée en novembre 1940 et publiée en janvier 1941 (avant la signature de l'entrée de la Bulgarie dans le pacte avec l'Allemagne), échappent à la déportation, à l'exception de ceux résidant dans les « nouvelles terres » administrées par les Bulgares mais occupées par l'armée allemande.

En août 1943, la mort du Roi Boris ne change rien à la nature du gouvernement en place jusqu'au 2 septembre 1944. A cette date, les régents, poussés par les événements font appel à l'agrarien Muraviev pour former un nouveau gouvernement. Celui-ci aura juste le temps de vider les prisons et de déclarer la guerre à l'Allemagne. Il sera renversé par l'entrée des troupes russes en Bulgarie. Un gouvernement autoproclamé d'union nationale se met alors en place, le 9 septembre 1944, dominé par les communistes mais où les agrariens occupent 4 postes de moindre importance. Le leader du parti agrarien Nicolas Petkov, fils de l'ancien Premier ministre assassiné en 1907 et frère du diplomate Petko Petkov assassiné le 14 juin 1924 jour anniversaire de la mort de Stambolijski, sera nommé Ministre sans portefeuille et vice président du gouvernement, des postes essentiellement honorifiques.

Les agrariens sous le joug communiste

Dès son retour au pays,en septembre 1944 le Docteur Dimitrov reprend en main l'UNION agrarienne et organise des assemblées en province pour remotiver le peuple paysan et rendre au parti toute sa représentativité. Mais très vite son activité inquiète le pouvoir communiste qui s'active à mettre en place un régime à la soviétique. Des milices populaires ont été organisées qui s'assurent l'ordre communiste dans les campagnes. Des tribunaux dits populaires siègent en permanence, les régents sont exécutés, les anciens députés sont exécutés, les leaders de l'opposition démocratique connaissent de nouveau la prison ou les camps. Le Docteur Dimitrov condamné à mort par les fascistes en 1941 sera pour la seconde fois condamné en 1945 par les communistes à la prison à vie. Il ne devra, la vie qu'à une nouvelle fuite, protégée par le diplomate américain Maynard Barnes. Pour lui se sera à nouveau l'exil, mais définitif cette fois, le Docteur ne reverra jamais sa patrie. Réfugié aux U.S.A il oeuvrera désormais pour faire connaître au monde libre les méfaits du pouvoir communiste en Bulgarie, pour aider les réfugiés et pour faire reconnaître l'UNION agrarienne dans son combat pour la démocratie. Il s'éteindra à Washington en 1972.

C'est Nicolas Petkov qui lui succède à la tête de l'UNION. Le 11 février 1945, les puissances alliées signent les accords de Yalta qui prévoient le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et à choisir librement leurs institutions et leurs gouvernements. Les agrariens pouvaient voir dans ces accords un soutien à leur cause, celle de la démocratie. C'était sans compter sans les communistes et leur conception du droit et de la liberté.

Avec Nicolas Petkov ils vont agir avec moins de brutalité pour éliminer le parti qu'avec le Docteur, mais avec une méthode plus sournoise : Diviser pour régner. Ils vont infiltrer le parti et l'obliger à se scinder en deux courants. Ils appuieront leurs amis pour éliminer le courant Petkov. Et de fait, en août 1945 Petkov quitte le gouvernement du front de la patrie et prend la tête d'un courant dit petkoviste qui entre en opposition frontale avec les communistes. A partir de ce moment commence une lutte à mort entre la démocratie et le communisme en Bulgarie, entre le leader agrarien Nicolas Petkov et le leader communiste rentré au pays dans les fourgons de l'armée soviétique après avoir dirigé le Komintern à Moscou depuis 1934 : George Dimitrov.

Nicolas Petkov, profondément démocrate, homme de culture française, comptait, dans son combat, sur l'appui des démocraties occidentales, la Grande Bretagne et les U.S.A. Cet appui lui vint en paroles mais jamais en actes, car les alliés sortaient d'une guerre longue et coûteuse et ne souhaitaient pas se heurter à leur ancien allié soviétique. De son côté, George Dimitrov, homme de peu de culture mais rôdé aux arcanes de la dialectique et des méthodes communistes comptait sur l'appui de l'Union soviétique, il lui était tout acquis.

Durant près de deux ans, les deux hommes vont se livrer un combat à mort, à armes inégales. En 1946 la monarchie est abolie ; la république populaire proclamée, et George Dimitrov devient premier ministre tandis que son collègue de toujours au Parti, Vasil Kolarov accède aux titres de Président de l'Assemblée Nationale puis Président de la République.

Tous les pouvoirs sont désormais entre les mains du Parti et il va les utiliser.

Le 5 juin 1947, en pleine séance de l'Assemblée Nationale, George Dimitrov fait brutalement arrêter le député Nicolas Petkov. On ne peut que spéculer sur le traitement qu'il a pu subir en détention car après deux mois de captivité, le 5 août, son procès s'ouvre à Sofia, et le ministre de France à Sofia écrit dans son rapport diplomatique : il avait maigri d'une quinzaine de kilos.

Parodie de procès, arguments fallacieux mais traditionnels dans les procès politiques organisés par les communistes. Sous prétexe de complots militaires, Nicolas Petkov est condamné à mort par pendaison. Dans la nuit du 23 septembre 1947, le dernier des trois Petkov, l'opposant de toujours à toutes les formes de dictatures, est pendu dans la cour de la prison de Sofia.

Tous les autres leaders opposés à la dictature communiste prirent le chemin de l'exil, des prisons ou des camps. Tous les partis politiques d'opposition furent dissous.

Aux côtés des communistes il ne demeura que le petit groupe d'agrariens dits Orange qui avaient fait allégeance au parti communiste, renégats du parti agrarien et de ses idéaux. Ils ont durant 45 ans servi de caution, à un parti qui a conduit la Bulgarie à la regression économique et morale, les dernières années du 20e siècle en ont témoigné.

Après 1923, le grand rêve des pères fondateurs de l'UNION avait failli sombrer dans le régime de police et d'oppression de l'entre deux guerres, puis progressivement après 1945 et la mort de Nicolas Petkov en 1947, ce rêve s'est dissous dans une société sans repères, sans racines, sans principes et sans valeurs. Dans le nouveau régime émancipateur des peuples, la paysannerie bulgare, avilie par le fonctionnariat et le mandarinat s'est trouvée réduite à une nouvelle forme de servage qui allait durer près de 45 ans.

Puisse un travail de mémoire permettre aux jeunes générations bulgares d'espérer dans un avenir de justice, de démocratie et de progrès social dans le souvenir des sacrifices consentis pour cette cause par leurs Anciens.

Y.M.TCHORELOFF

L'auteure signale que les sources et références ont été volontairement supprimées de ce résumé.

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