Konstantin Konstantinov (1890-1970)

Pour notre bref et rapide passage sur terre, le destin nous a offert la plus grande consolation : la mémoire - cette merveille, une des manifestations de l'immortalité, le lien originel avec la terre et les hommes...

Konstantin Konstantinov

C'est ainsi que Konstantin Konstantinov introduit ses mémoires intitulés Chemin à travers les années, histoire personnelle et émouvante de la vie culturelle bulgare. Publié à la fin des années 1950, cet ouvrage suscite immédiatement l'engouement des lecteurs. Il leur révèle un écrivain au regard attentif, à l'esprit curieux et cultivé qui les invite à un voyage à travers les années mouvementées de l'entre-deux-guerres.

Les étapes de la vie de Konstantin Konstantinov

Il est né en 1890 dans une famille d'enseignants de Sliven, ville du Sud-Est de la Bulgarie, blottie entre le Balkan et la plaine thrace. Il fait ses études secondaires au lycée de sa ville natale où il tombe sous le charme du théâtre en assistant sa mère, qui tient le rôle principal dans la pièce de Victor Hugo Ruys Blas. Il fait ensuite des études de droit à l'Université de Sofia et collabore à des revues littéraires. À 21 ans, il part à Paris où il fera d'ailleurs plusieurs séjours. À son retour, il commence une carrière de magistrat qu'il mène parallèlement à ses activités littéraires.

Konstantin Konstantinov est rapidement intégré dans les cercles artistiques et participe, en 1914, à la fondation de la revue Zveno (Chaînon) aux côtés de ses amis Dimtcho Débélyanov [1887-1816 est l'un des poètes les plus lyriques et les plus aimés en Bulgarie. Il est tué au front], Guéorgui Raytchev [1882-1947 - poète et écrivain, auteur de la nouvelle Chant de la forêt] et Dimitar Podvarzatchov [1881-1937 - écrivain satirique et rédacteur de plusieurs revues]. La revue, créée avec peu de moyens, repose sur le travail enthousiaste de sa rédaction. Elle réunit sur ses pages une constellation de talents et acquiert rapidement une certaine notoriété. Mais la Bulgarie se débat dans les tourments de la guerre et la revue sera éphémère. Elle marque cependant la transition entre deux époques comme l'indique symboliquement son titre. Née à un moment dramatique, elle jette des ponts entre les traditions d'une époque déjà révolue, paisible et fructueuse en recherches artistiques, et les aspirations d'une nouvelle génération à l'avenir encore imprécis.

Konstantin Konstantinov reste fidèle aux idées de ce cercle d'amis de jeunesse, ce qui donne une coloration particulière à son œuvre, empreinte à la fois de la spécificité bulgare et des tendances novatrices venues de l'Occident. Ses essais et récits (Jour après jour, Amour, Une nuit, etc.), écrits dans un style limpide et captivant, enchantent encore les lecteurs.

L'un de ses romans, Le cœur dans la boîte en carton - sept aventures incroyables, écrit en collaboration avec Svetoslav Minkov (1902-1966, auteur de nouvelles et de récits empreints de mystère et de suspense, un des écrivains les plus originaux de la littérature bulgare), peut être savouré aujourd'hui en traduction française, édité aux éditions l'Esprit des péninsules

L'intérêt pour l'étranger, initié quelques décennies auparavant par les récits de voyage d'Aleko Konstantinov, prend une nouvelle dimension dans l'œuvre de Konstantin Konstantinov et plus particulièrement dans ses mémoires. Préparé de longue date, l'ouvrage est un véritable événement en Bulgarie. Il retrace un quart de siècle de vie culturelle, crée une galerie de portraits et brosse des tableaux vivants de la France et àla veille de la Grande guerre et dans l'entre-deux-guerres.

©Ralitsa Mihailova-Frison-Roche

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Les extraits proposés, inédits en français, présentent le Paris de 1911 et celui d'après la Grande guerre, vu par un Bulgare amoureux de la France.

À Paris, par Konstantin Konstantinov

À l'étranger, par Konstantin Konstantinov

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