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... Suite du tour de Bulgarie en "carabouze"

Rhodopes

Plovdiv se trouve à la porte des Rhodopes. Nous n'avons pas visité les Rhodopes Est qui ont peut-être du potentiel. Mais de toute façon, malgré la présence de calcaire, les cours d'eau ont toujours autant de mal à s'encaisser. De Plovdiv nous avons suivi la route qui mène à Asenovgrad puis à Smoljan. Nous ne nous sommes pas arrêtés pour aller voir la cascade de Slivodolsko padalo qui ne semblait pas être intéressante de loin.

A ce stade du voyage, seul le Trigrad, vaste gorge calcaire, semble être notre planche de salut. Pour s'y rendre on décide de prendre une toute petite route qui nous mènera de Smolyan vers, Mugla [Mougla] et de là au Trigrad.

Le paysage change alors radicalement. La rivière s'enfonce dans une gorge. Nous explorons d'ailleurs un affluent Gerzaovica. Route défoncéeMalheureusement la piste trop défoncée ne nous permet pas de nous rendre facilement aux cascades. Dépités, nous sommes contraints d'admirer de vilaines rigoles qui tombent RD dans la Cerna Reka [Tcherna reka](rivière noire). Comble de chance, en amont ce dernier nous donne une vraie descente. Deux série d'obstacles misérables avec cascades et toboggans de 10 mètres maximum. Nous continuons notre route avançant au maximum à 30 km/h du fait de l'état déplorable de la route d'autant plus dégradée que les crues ont été violentes la semaine précédente. Par surprise, un beau calcaire s'offre alors à nous avec au centre de la vallée un village complètement perdu habité par des pomaks (musulmans de Bulgarie). Le centre du village est occupé par le caractéristique minaret à fuseau de l'Islam Turc. A la sortie, la route devient une piste. Heureusement nous ne sommes pas loin du terminus. Mais comme les Dieux ne sont pas avec nous notre périple s'arrête net. Un éboulement a complètement obstrué la route. On doit faire demi tour. Le contournement prendra plus de 3 heures avec tout de même un lot de consolation : une simple cascade en dessous de la montagne de Pavlovo.

Trigrad

La rivière s'encaisse fortement, l'eau grondant dans un puissant chaos. En regardant bien on devine une vasque sous un pont de roche. Mais, surtout, la rivière disparaît d'un coup dans la grotte du diable grâce à une fantastique cascade de 42 mètres. L'eau ressort 1 km plus loin par une résurgence. Enfin, nous tenons notre curiosité géologique. Au moins un 3/4. Malheureusement, la Trigradska s'engouffre dans une grotte privée, il nous faut l'autorisation du propriétaire des lieux. De même, la pollution du cours d'eau est insupportable. Nous sommes donc obligés de regarder l'ensemble comme des touristes, les frustrations étant notre seule consolation.

Mais nous sommes tenaces. D'autres descentes potentielles ont été repérées. Une belle cascade existe en dessous du Baydalika. D'ailleurs, elle ne déméritera pas. Malheureusement, comme à l'accoutumée, il n'y a qu'un seul obstacle (allez deux pour être sympa !) certes esthétique mais malheureusement terriblement seul (1/4). Mais un autre bel encaissement nous attend, dans une vallée parallèle du Trigrad le long de la Kricim vers le village de Yagodina. L'encaissement court ne démérite pas avec ses vasques profondes et ses quelques cascades. Mais l'autre fléau de la Bulgarie nous rattrape : la pollution. J'avoue avoir rarement vu un tel dépotoir. Une eau d'une telle pourriture que même le diable aurait refusé de se baigner dedans. Vous vous demandez si je l'ai descendu… et bien oui. La stupidité n'a pas de limite. J'avoue avoir directement terminé l'ensemble dans la fontaine la plus proche pour me désinfecter de l'ensemble.

Rila

Moralité, depuis dix jours nous visitions ce beau pays.
Nous avions fait déjà 2500Toit de maison kms et nous avions mangé une dizaine de kilos de "loukoums" bulgares. Le désespoir nous atteignait. Pouvions-nous découvrir autant de belles montagnes sans trouver le moindre canyon intéressant ? Plongés dans nos idées noires nous tournions autour de la montagne de Rila. Après une nouvelle désillusion le long du Skakavica, nous cherchions à manger en traversant les villages. Parcourant en maugréant le village d'Ovcarci [Ovchartsi], je fus arrêté net pas un panneau vantant une cascade locale. Au fond, je fus bien embêté de voir ce panneau obligeant de nouveau à m'arrêter pour aller constater qu'il existait une nouvelle carabouze. Je rêvais plutôt d'arriver rapidement en Grèce.

Après quelques questions aux locaux nous nous dirigeons vers la zone touristique. Je commence à monter le chemin et, révélation,Cascade une cascade de 40 mètres. Chat échaudé craignant l'eau chaude, je me raisonne rapidement en me disant qu'elle est seule perdue au milieu de rien. Après 30 minutes de crapahutage et d'escalade, nouvelle révélation, il y a cinq autres cascades d'ampleur incroyable. La nuit approchant je retourne vite au véhicule. En recherchant un lieu pour dormir vers le monastère de Rila, nous découvrons de nouveau une grande série de cascade et un encaissement dans du conglomérat.

Dès le bon matin nous nous attaquons à la tache. La rivière de Goritsa et la cascade finale d'Ovcarenski [Ovcharenski] sont à la hauteur des attentes. Un 2,5/4 avec 3 cascades de plus de 20 mètres, des toboggans et même des petits sauts. En deux heures l'ensemble est parcouru malgré un fort débit, mais nous étions enfin en face du premier vrai canyon descendu en Bulgarie. Pour fêter l'ensemble on s'offre un bon repas dans le café du village. Surtout que les Bulgares nous offrent la moitié des boissons consommée (bière et vodka). [Note de bulgaria-france : nous supposons qu'il s'agissait plutôt de bière et .. rakyia, eau de vie traditionnelle bulgare.]

Sur la route du monastère de Rila le Djavolskite Vodi (eaux endiablées) donne ce qu'il avait dévoilé de la route. C'est-à-dire, un ensemble de cascades forestières certes mal sculptées mais offrant de sympathiques rappels arrosés continus de 30 m maximum (1,7/4). Enfin, juste après le village de Rila le Bozovayska Kamenitsa forme deux cascades dans du conglomérat (1/7). Il y a peut-être d'autres obstacles plus haut mais nous ne sommes pas allé voir.

Monastère de RilaMais surtout si vous passez dans le secteur faîtes un tour au monastère de Rila. Ce complexe religieux est probablement le plus beau du pays. Les fresques sont d'une extraordinaire beauté. Elles laissent apparaître toute la richesse et la finesse de la culture bulgare. N'ayez pas peur de vous perdre dans ces forêts où vous retrouverez peut-être les pas de l'ermite Jean saint patron de Bulgarie.

Après tant de réussite, nous avions épuisé la Bulgarie. Le massif de Pirin ne fut pas plus propice malgré les cheminées de fée de Karlanovo.Maisons et une pyramide

Certes, dans le torrent de Vlahi il y aurait pu avoir une sympathique rando-aquatique mais la qualité de l'eau a gâché l'ensemble.

 

Il ne nous restait plus qu'à partir en Grèce. Malgré les désillusions en terme de canyons dont nous nous doutions au départ, c'est le cœur rempli de bons moments que nous repartions. Nous avions découvert un nouveau pays, aux traits et à l'avenir contrastés qui, malgré les difficultés actuelles, renfermait une grande richesse humaine et esthétique.


Bulgaria-France remercie Stéphane Coté, connu sous le pseudo de Caracal dans les forums, qui nous a fourni cette page et ce dernier remercie Bruno Izard de l'avoir suivi dans ce périple rocambolesque.

On utilise aussi le terme « canyoning » pour désigner l'activité, mais les fédérations sportives qui gèrent l'activité préfèrent les termes à consonance française comme « canyonisme » ou « descente de canyon ».
Source Wikipedia

En mars 2006, Stéphane Coté a sorti un ouvrage où il raconte une nouvelle découverte d'un canyon de grande difficulté près de Digne.
"Male Vesse" >>

Pour le détail des descentes de canyons consulter les fiches de référence sur la base de données canyon de www.descente-canyon.com qui a également publié ce récit.

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Mis en ligne le 06 novembre 2005