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Monastères rupestres en Bulgarie

La Bulgarie compte aujourd'hui 160 monastères orthodoxes. Parmi eux, les monastères rupestres ou troglodytes forment une catégorie à part, aussi rare que fascinante.

Ils apparaissent après l'instauration du christianisme en tant que religion officielle, introduite en l'an 865 en provenance de Byzance. Des mouvements iconoclastes agissaient à cette époque à Constantinople qui refusaient tout ce qui est attaché à la tradition religieuse. L'empereur Mikhail III craignait la propagation de ces idées en Bulgarie récemment convertie. Il y envoya des moines venant de montagnes lointaines et de grottes profondes. C'est ainsi que la Bulgarie chrétienne connut et adopta les monastères rupestres (troglodytiques), plus caractéristiques de l'Asie Mineure.

Plus de 200 monastères et cellules monastiques ont été répertoriés en Bulgarie. La plupart se trouvent en Bulgarie du Nord-Est et ne gardent que des vestiges. Nous allons décrire les quelques monastères plus connus.

Aladja - Аладжа манастир

Monastère bulgare dans les rochers

Vestiges du monastère Aladja.

A 14 km de Varna et à 4 km à l'ouest de la station balnéaire « Les Sables Dorés » se trouvent les vestiges du monastère rupestre appelé Aladja (du mot turc « alaca » qui signifie « bariolé »). Il est probable que le monastère reçut ce nom à cause des peintures murales colorées et des rochers calcaires bariolés. On suppose que les cavernes excavées dans les rochers furent habitées déjà au IVe siècle par des ermites chrétiens. Le monastère fut creusé probablement au XIIIe siècle dans un grand rocher vertical qui forme l'ourlet Est du plateau de Franguen (Франгенско плато).

Il est composé de deux étages. A l'étage inférieur se trouvent des chambres, des cellules monacales et une petite église. L'étage supérieur possède seulement une chapelle. Les deux étages étaient reliés par une échelle verticale, attachée fermement dans de petits chenaux cylindriques préservés de nos jours. Les dimensions de la chapelle sont de 11 m de longueur, 7 m de largeur et 2 m de hauteur. Les murs ont été couverts au XIVe siècle par des peintures murales (fresques) actuellement très mal préservées. Le monastère a été abandonné vers le début du XVIIIe siècle. Aujourd'hui, on a créé autour d'Aladja un parc somptueux avec un musée, une hutte touristique et des restaurants.

Catacombes - Катакомбите

Un autre complexe monacal appelé Catacombes est situé à environ 800 m à l'ouest du même rocher. Les deux monastères datent de la même époque et par leur aspect appartiennent aux monastères-cavernes (rupestres) en Bulgarie du Nord-Est comme ceux à côté du village d'Ivanovo dans la région de Roussé, de Bassarbovo dans la petite vallée de la rivière Roussenski Lom et de Madara dans la région de Choumen.

Près du village d'Ivanovo, la rivière Roussenski Lom rejoint le Danube à travers un impressionnant massif karstique dont les parois presque verticales encadrent la pittoresque vallée. Un remarquable ensemble monastique a été créé au XIIIe siècle dans les cavités de ces rochers. Il a continué à se développer au siècle suivant sous l'influence d'Hesychasme - une école religieuse liée à l'ermitage et soutenue à la fois par le clergé et les autorités séculaires. Trois cents grottes naturelles sont creusées dans le calcaire tendre des parois. Une quarantaine a été aménagée en sanctuaires ou ermitages troglodytiques.

Monastère rupestre d'Ivanovo

L'église Notre Dame d'Ivanovo (Света Богородица) est située à 38 mètres au dessus de la rivière Tcherni Lom. On y accède par un escalier taillé dans le roc.

Une grotte aménagée longue de 16 mètres et large de 4 reste le seul témoin d'un monastère, Saint Michel, construit au XIIIe – XIVe siècle à l'instigation du roi bâtisseur Ivan Assen II.

Intérieur de l'église d'Ivanovo

Fresques de l'église d'Ivanovo.

Les fresques sur les murs sont très bien préservées et constituent le seul exemple de l'àge d'or du christianisme et des monastères rupestres en Bulgarie. La maîtrise délicate des structures et des détails, des lignes élégantes et des couleurs démontrent que certains des meilleurs peintres bulgares de l'époque y ont travaillé. De plus, des ressemblances évidentes entre les peintures murales d'Ivanovo et celles de la capitale Tărnovo laissent supposer que les artistes qui ont peint les églises d'Ivanovo n'étaient pas seulement des élèves de la remarquable école d'art de Tărnovo, mais faisaient partie de ses représentants les plus distingués.

Les églises ont été inscrites au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 1978.

Saint Dimitri Bassarbovski - Св. Димитрий Басарбовски

Monastère rupestre

Monastère Saint Dimitri Bassarbovski.
Photo ©Velislav Nikolov.

Le monastère rupestre de Saint Dimitri Bassarbovski est classé monument archéologique depuis 1978. C'est le dernier monastère de ce type qui est toujours en activité en Bulgarie. Il se trouve très près du village Bassarbovo, à 10 km de Roussé. Les premières mentions le concernant datent du XVe siècle. dans des registres ottomans. On y indique que le monastère était la propriété du féodal Ivanko Bassarb, apparenté à la famille royale d'Ivan Alexandar. On considère que le monastère a dû être fondé en fait vers le XIIe siècle. Sa première description détaillée est faite en 1911 par Karel, l'un des frères Chkorpil, en qualité de chargé de mission du Musée National d'Archéologie. L'histoire du monastère est peu connue, les Ottomans ayant détruit les archives bulgares à leur installation dans le pays.

Le moine Dimitri Bassarbovski est celui dont la présence marqua le plus le monastère. Il y vécut vers 1685 et fut canonisé après sa mort. Selon la description de Païssiy de Hilendar, Saint Dimitri était un homme ordinaire et simple qui vivait avec ses moutons sous un grand rocher près d'une rivière. Il décéda à cet endroit et y fut enterré. Ensuite, ses reliques furent transportées à Bassarbovo et nombre de miracles s'accomplirent. Pendant la guerre russo-turque de 1768 - 1774, les reliques de Saint Dimitri furent transportées par le général Saltikov à Bucarest dans l'église Saints Constantin et Hélène. Elles s'y trouvent encore aujourd'hui.

Le monastère rupestre Bassarbovski est très bien conservé. Une petite allée chemine à travers fleurs et verdure jusqu'au puits creusé par Saint Dimitri. Des marches taillées dans la roche mènent vers l'église troglodyte et son autel en bois sculpté reconstitué en 1941. A côté de l'autel se trouve une grande icône de Saint Dimitri. D'autres marches dans le rocher mènent vers une crypte dans une cavité. Y repose le moine Hrisant qui la creusa lui-même pendant 100 jours. Dans la cellule voisine avaient été déposés les ossements des moines décédés au monastère. Après les avoir déplacés dans le cimetière du monastère, on a transformé cette cellule en une modeste exposition sur le monastère.

Madara - Мадара

Le Cavalier de Madara

Le relief taillé à même le roc du cavalier de Madara.
Photo ©Evgeni Dinev (www.evgenidinev.com).

Le plateau de Madara est situé à environ 17 km à l'est de la ville de Choumen. Dans ses hauts rochers, à 23 mètres au dessus du sol, fut sculpté au VIIème siècle le cavalier de Madara – seul cas en relief dans toute l'Europe.

Le cavalier est représenté au naturel, portant de longs cheveux et des vêtements d'apparat, le pied chaussé sur l'étrier et, transperçant de sa lance tenue dans la main droite, un lion couché par terre. Derrière le cavalier court son chien.

Le plus grand monastère rupestre bulgare, disposant de plus de 150 cellules monacales, fut creusé au XIVème siècle dans ces rochers par les Bulgares convertis au christianisme.

Un sentier de 386 marches taillées dans la roche permet d'accéder à leurs vestiges ainsi que celles des palais et des temples païens des anciens Bulgares (IXème siècle).

Alboutin - Албутински скален манастир

Les vestiges d'un monastère rupestre nommé Alboutin (Albotin / Алботин) se trouvent entre les villages Rabrovo et Gradez, près de la frontière avec la Serbie. On connaît très peu son histoire et ses origines. Il est creusé dans un massif rocheux au dessus d'un endroit dégagé de la petite vallée de la rivière Bounichko-Rebravska.

Cellules troglodytes

Monastère Alboutin.
Photo ©Vassia Atanassova/Spiritia c/o Wikipedia.

Le monastère rupestre Alboutinski y fut érigé dans la partie nord, côté rivière, où il y avait des cavernes peu profondes et des corniches naturelles. Les moines y ont creusé des cellules, aménagé des murs et des façades. La première impression lorsqu'on découvre ces vestiges est de faire le lien avec le monastère Aladja à cause de certaines similitudes. Chaque cellule ou habitation avait son ouverture vers une grande terrasse suspendue à 20-25 m. au-dessus de la rivière. L'église monastique se trouve dans le secteur médian, creusée dans la courbe du massif rocheux. Les parties sud et sud-ouest de l'église sont entièrement détruites. Les vestiges de sa nef ont révélé la présence de fresques, de colonnes et de corniches décoratives. Un espace dédié au baptême y fut découvert - le monastère Alboutinski fut, donc, un lieu fréquenté par les habitants de la région et n'était pas réservé à la seule vie monastique. En témoignent, aussi, les 29 tombes découvertes, dans lesquelles reposent pour la plupart des gens de la région, probablement des donateurs. Des tombes isolées ou à l'écart du monastère correspondent à des sépultures de moines.

La partie nord-ouest du monastère Alboutinski a un étage. Là, se trouvait la seconde plus grande pièce après l'église, supposée être le réfectoire des moines. Elle était probablement utilisée également en tant que salle d'accueil pour les pèlerins qui se rendaient au monastère. L'impressionnante terrasse monastique, ainsi que les murs de façade furent progressivement détruits par les tailleurs de pierre. Les chercheurs de trésors y sont passés à maintes reprises, des bergers y ont gardé des troupeaux, des feux y furent allumés pour se chauffer.

Ruines du monastère

Vestiges du monastère Alboutin.
Photo : journal de Vidin.

Néanmoins, le peu de restes permettent aux archéologues expérimentés d'imaginer toute la richesse et l'originalité que possédait jadis ce monastère rupestre.

A l'initiative de l'éparchie de Vidin un projet de restauration du monastère rupestre de Alboutin est en cours. Le nouveau monastère devrait être construit à côté pour accueillir des moines. Il devrait se situer le long de la rivière Topolovetz à proximité du village Deleyna. Actuellement chaque année à Pâques une réunion avec danses (horo) est organisée en mémoire des morts.

Le monastère a été déclaré monument national de la culture par décret au Journal officiel du 28 décembre 1927 et du 26 décembre 1969.

Autres monastères

On peut mentionner encore l'existence de vestiges de monastères rupestres dans la région de Dobritch près de Kavarna. Des ensembles d'églises et de monastères nichés dans les rochers datés du XIV ème siècle furent découverts en 2005 entre les villes de Malko Tărnovo et Elhovo ainsi que dans les terres de Paroria, ancienne région entre la Bulgarie et Byzance.

Dimitrina Aslanian

Madame Aslanian est l'auteure du livre
» Histoire de la Bulgarie de l'Antiquité à nos jours

Quelques sites web sur les monastères dans les rochers

http://picasaweb.google.com/VelislavSN
http://bg-patriarshia.bg
http://terrabyzantica.blogspot.com/2010/04/blog-post_15.html
http://jean-marron-bulgarie.over-blog.com/article-35092941-6.html

Mis en ligne le 01 novembre 2010

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