mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

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mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

Message par zagorka » jeudi 04 décembre 2008 10:50

Politique et criminalité organisée : Jürgen Roth et les « nouveaux démons bulgares »
Mise en ligne : jeudi 27 novembre 2008

Les nouveaux démons bulgares, le dernier livre de Jürgen Roth, fait scandale. Lors de sa visite à Sofia, mi-novembre, le journaliste d’investigation allemand a été pris à partie dans des conférences de presse houleuses. Son livre met à nu les dangereuses connexions entre les milieux politiques, économiques et criminels, ainsi que le rôle des anciens services secrets hérités de la période communiste. Jürgen Roth a accordé un entretien exclusif au Courrier de la Bulgarie et à l’Osservatorio sui Balcani.

Propos recueillis par Francesco Martino et Tristan Lefilleul

Spécialiste du crime organisé, le journaliste d’investigation allemand Jürgen Roth est venu présenter à Sofia, le 11 novembre dernier, l’édition bulgare de son livre Les nouveaux démons bulgares, consacré aux liaisons étroites entre la politique et la criminalité dans le dernier des pays à avoir intégré l’Union européenne (UE).

Le livre de Jürgen Roth a suscité en Bulgarie une grande attention et des polémiques enflammées. Presque aucun parti politique n’est épargné par la critique et la suspicion, depuis l’actuelle coalition gouvernementale [Parti socialiste et Mouvement pour les droits et les libertés - représentant politique de la minorité turque] jusqu’au « nouvel espoir », Boïko Borisov, l’actuel maire de Sofia et probable futur Premier ministre.

L’ancien ministre de l’Intérieur, Rumen Petkov, l’un des principaux « héros » du livre de Jürgen Roth, qui a démissionné en avril dernier pour ses contacts avec des personnalités en forte odeur de mafia, a menacé à plusieurs reprises de porter plainte contre le journaliste allemand. Dans un entretien avec le quotidien 24 Chasa, publié le jour de l’arrivée de Jürgen Roth à Sofia, intitulé « Frapper le calomniateur », Rumen Petkov s’exclame : « le menteur, le calomniateur, l’escroc, l’invertébré doit être frappé sur la bouche, les doigts et toutes les parties de son corps »... Des propos fermement dénoncés par Reporters sans frontières. La suite du séjour du journaliste allemand a été émaillée de conférences de presse houleuses et de tempétueuses émissions de télévision.

Le Courrier de la Bulgarie (CdBg) : Pourquoi avez-vous décidé d’écrire un livre sur la situation en Bulgarie ?

Jürgen Roth (J.R.) : La question serait plutôt pourquoi ne l’aurais-je pas fait ? J’ai déjà écrit des ouvrages sur la situation en Ukraine, sur la mafia en Italie et dans d’autres pays. Nous sommes tous Européens et il est nécessaire de comprendre ce qui se passe dans les pays voisins. J’ai dédié une bonne partie de mon travail au crime organisé, surtout à l’infiltration d’une partie des institutions. Une partie de ce travail concernait la Bulgarie, pays dans lequel ce phénomène existe depuis la fin des années 1980. En même temps, de nombreux signaux m’ont indiqué que la situation dans le pays s’aggravait et j’ai donc décidé d’écrire un livre sur les liens étroits entre la corruption, le crime organisé et les cercles politiques et économiques de Bulgarie.

CdBg : Quelles sont les conclusions les plus importantes de votre livre ? Qui sont ces « nouveaux démons bulgares » ?

J.R. : Les « nouveaux démons bulgares », en réalité, ne sont autres que les vieux démons revêtus de nouveaux habits. Il s’agit de l’ancienne classe dirigeante, liée aux anciens services secrets du régime qui ont été et continuent à être particulièrement puissants en Bulgarie. Une partie de ces secteurs ont des liens avec la criminalité ordinaire, mais surtout avec la criminalité économique, une criminalité d’un autre niveau, ainsi qu’avec une partie significative de l’élite politique.

CdBg : Quels ont été les principaux obstacles rencontré lors de la collecte d’informations à la base de votre livre ?

J.R. : Les principaux problèmes sont qu’en Bulgarie on a affaire à des milieux économiques et criminels hautement professionnels, comme le groupe TIM, dont personne ne veut parler, étant donné qu’il jouit de la protection de différentes institutions. Le haut degré de manipulation, qui concerne aussi les documents, rend le travail d’investigation encore plus laborieux puisqu’il devient extrêmement difficile de collecter des preuves à l’appui de ce qui est découvert. J’ai eu accès à des documents qui semblaient tout à fait originaux mais qui, lors d’un examen plus attentif, laissaient paraître des fautes très subtiles. Ensuite, le journalisme d’investigation signifie bien souvent ici : « faire partie du jeu », et l’on risque d’être manipulé par les sources concernés qui sont souvent peu fiables.

CdBg : Vous avez souvent parlé de cette impression de peur qui plane en Bulgarie dès l’on aborde la question de la criminalité...

J.R. : C’est plus qu’une impression. Je connais très bien la réalité de la Calabre et de la Sicile et j’ai retrouvé ici la même crainte, la même insécurité, la même peur. Beaucoup de personnes ont peur pour leur famille peur d’être battu ou même abattu. Mon impression est celle d’une atmosphère très pesante.

CdBg : Votre livre a suscité des réactions violentes, même parmi les représentants politiques qui se sont sentis directement mis en cause. Quel type de réactions avez-vous entendu de la part de vos collègues journalistes ?

J.R. : Il y a eu différents type de réactions. De ce que j’ai pu lire et de ce que m’ont signalé mes contacts, les réactions des quotidiens et des périodiques ont été très positives. Il y a ensuite quelques journalistes, liés à des intérêts évoqués dans mon livre, qui ont exprimé des commentaires très négatifs, de façon bien prévisible.

CdBg : Vos détracteurs vous reprochent d’avoir rapporté des faits inexacts, mais surtout de ne pas avoir pu apporter de preuves à l’appui de vos accusations. Que répondez-vous ?

J.R. : Que signifie apporter des preuves ? Lorsqu’on fait une enquête journalistique on peut collecter des documents mais également des déclarations et des citations. Si l’une des sources désire rester anonyme et si j’estime que cette demande est justifiée, je rapporte ce qui m’a été dit sans révéler la source de l’information. Si je repère à plusieurs reprises une information cohérente par rapport à un fait, je la rapporte. Je ne suis ni procureur ni policier, mon métier est de tenter de m’approcher de la vérité, et cela peut se faire sans avoir à disposition des preuves factuelles et des documents. De même, comme je l’ai dit, les documents eux-mêmes, en Bulgarie, peuvent parfois me mettre sur une fausse piste.

CdBg : Y a-t-il quelque chose à sauver dans le sombre panorama qui émerge de votre livre ?

J.R. : Je dirais tout simplement non. J’ai lu les rapports de plusieurs ambassades occidentales à Sofia. Chacun s’accorde à dire qu’en ce qui concerne les liens entre la politique et la criminalité en Bulgarie, les choses sont pires que jamais.

CdBg : Vous vous occupez des liaisons entre la criminalité et la politique depuis plusieurs années dans divers pays européens, y a-t-il des caractéristiques qui feraient de la situation en Bulgarie un cas particulier ?

J.R. : La Bulgarie est très proche par différents aspects de ce qui s’est passé en Russie, surtout pour ce qui est des liens étroits entre les structures des anciens services secrets du régime et le crime organisé qui s’est développé pendant la transition. La situation est particulièrement délicate, et cela revient à dire ce que j’ai expliqué précédemment : d’une part, la société civile est particulièrement faible et incapable de combattre les réseaux économiques et criminels, d’autre part les partis politiques bulgares ne s’occupent pas de la société dans son ensemble mais ils représentent presque exclusivement les intérêts des lobbies économiques qui les soutiennent.

CdBg : Dans ce contexte, le fait que la Bulgarie soit devenue membre de l’Union européenne est-il un point positif

J.R. : Sans l’Union européenne, la situation ne changera jamais en Bulgarie. L’adhésion à l’Union européenne est l’unique chance pour que la société civile puisse relever la tête. Seul le renforcement de la société civile bulgare peut briser le cercle vicieux qui s’est créé dans le pays. Quelques signes encourageant nous prouvent que ce processus à commencé : différentes petites ONG, la naissance du mouvement environnemental mais aussi des nouvautés dans le domaine de l’information, en particulier les médias en ligne. Il ne s’agit encore que de petits groupes isolés qui doivent être soutenus de l’extérieur, étant donné qu’ils n’ont aucun poids dans les partis politiques ni dans les institutions.


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Re: mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

Message par zagorka » jeudi 04 décembre 2008 10:51

Qu'en pensez-vous ? Elle existe ou pas cette mafia ? à écouter le journaliste Gueorgui Koritarov, tout serait inventé....Bizarre non ?

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Re: mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

Message par Françoise » jeudi 04 décembre 2008 12:42

Oui, la mafia existe.
(D'après mon expérience personnelle ,-bg )
J'avais également assisté à une conférence d'un expert en mafia, Thierry CRETIN, lequel affirme que la mafia existe partout et qu'en Bulgarie son niveau est bien plus bas que dans d'autres pays.

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Re: mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

Message par zagorka » jeudi 04 décembre 2008 13:38

Des propos assez digne de son nom pour ce brave homme...

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Re: mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

Message par Françoise » jeudi 04 décembre 2008 13:59

Ce "brave homme" a une excellente réputation.
Il a écrit plusieurs livres. Il suffit de faire une recherche sur Google.
Tu t'appelles probablement Intelligent, ce qui prouverait la dignité de ta personnalité.

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Re: mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

Message par zagorka » jeudi 04 décembre 2008 14:35

Ben disons que ce qui me dérange, c'est le coté corruption plus forte en france par exemple qu'en Bulgarie...

je ne nie pas la corruption en france mais de là à la trouver plus forte qu'en Bulgarie...

De plus le sujet est bel et bien la mafia en Bulgarie...On pourrait parler de la mafia au costa rica mais bon c'est pas le forum pour ça n'est-ce pas...

Tout ceci pour dire que ce livre confirme le fait que la Bulgarie se 'camorise' (de camora vous l'aurez compris)...Alors quand on voit comment l'Italie n'arrive pas à éradiquer la mafia depuis des siècles....J'ai peur pour les Bulgares...ceux qui en souffrent évidemment et qui sont obligés de migrer parfois...Car les biens portants en 4x4, ceux là on s'en tape.

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Re: mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

Message par youpirin » vendredi 26 décembre 2008 20:14

Sans tomber dans la paranoia il existe un problème en Bulgarie. En fait plusieurs : La mafia, les ex-Kgb, et le nouveau parti Turc DPS qui impose une intolérance vis- à- vis de Bulgares dans certaines régions. Mais tous ces gens sont réunis et bien organisés et ne se genent pas mutuellement. Mais l'identique se passe en France à une autre echelle plus d'une manière élégante: en économie et en politique on ne parle pas de corruption mais des ,,affaires'', dans les banlieues on ne parle pas de mafia mais de ,,délinquance''. La différence est que la France est plus riche et cela se voit moins et il reste encore de l'argent pour maintenir la classe moyenne (celle qui est tondue à toutes les occasions), mais cela ne va pas durer.
A bientôt

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Re: mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

Message par girod » samedi 27 décembre 2008 21:52

EXACTEMENT ...
Et au niveau des "exécutions", en France elles sont moins visibles contrairement à la Bulgarie ... mais elles existent tout de même ... sauf qu'un noyé est moins visible qu'un tué par balle sur les sables d'or !!!

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Re: mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

Message par Chantal » samedi 27 décembre 2008 22:34

En parlant mafia, nous avons vu cette année des 4x4 bulgares dans la station et pour venir à Courchevel, il faut avoir des très très gros moyens, même pour des mafieux Bulgares .....

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Re: mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

Message par Charles » samedi 31 janvier 2009 13:40

Y aurait-il un site ou les photos des plaques minéralogiques de voitures ou têtes de personnes qui ne tiennent pas à être reconnues serait en ligne...

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Re: mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

Message par Charles » dimanche 15 mars 2009 14:40

Parler de mafia revient à manquer totalement de vocabulaire et de volonté ou capacité d'analyse.

Quand je lis ici je constate que le terme est toujours employé comme un leitmotiv pour désigner "le mal", un peu comme un exorciste excité par ce mot agiterait ses grelots en désignant le "malin", l'opinion est de courte vue.

Les maux qui parasitent la société (de chaque pays) sont entre-autres le manque de démocratie, le noyautage par les partis politiques dont les politiques s'auto renouvellent à chaque élection. L'influence d'un pays sur un autre…

Le pouvoir par l'argent est l'objectif recherché par les partis dans la course au pouvoir. Si l'exercice du pouvoir était réellement orienté vers le bien public il est certain que la rotation à ces postes serait réelle. Mais le jeu est faussé par ceux qui en édictent les règles. Par ailleurs un maire de village n'a apparemment rien à voir avec ce processus électif.

Je ne tiens pas ici des propos anarchistes du tout, mais constate comme chacun que dans tous les pays la politique politicienne se maintient par tous les moyens. Les représentants élus ne représentent donc qu'eux-mêmes dans leur ascension vers le pouvoir.

Ce n'est pas en montrant du doigt la mafia que l'on a exprimé d'où vient le mal d'un pays. Je trouve même que la mafia comparée à la connerie humaine est plutôt une brave fille car elle est désignée comme un mal alors qu'elle est un résultat… de la bêtise humaine.

Suivant les pays le maintient au pouvoir peut aussi provenir de ; l'appui des religieux, en tapant toujours sur le mouton noir préféré, en maintenant des zones de conflits pour les réactiver au besoin. Et bien autres choses...

L'information comme les origines de la crise économique actuelle ne pouvait pas être ignorée des politiques avec leurs liens dans les circuits économiques. La compétence et l'empressement à gérer ces bombes à retardement ne fait pas partie de leur conception des choses.

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Re: mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

Message par zagorka » lundi 23 mars 2009 10:28

Charles va bientôt militer pour l'envahissement du Luxembourg, de la Suisse, de Monaco...On est bientôt de retour dans l'OTAN, je m'engage de suite si on fait ça....:-) (Attention je rigole là, ne nous emballons pas)

Lutter contre la connerie humaine on a au moins ça en commun Charles. Reste à la définir...Je ne suis pas sûr qu'on ait le même périmètre :-)

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Re: mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

Message par Charles » samedi 28 mars 2009 20:43

La "norme" d'opinion reste le groupe, pas un ou quelques-uns contre tous, dans un entre-soi sans issue.

Ne pas réfléchir évite de rester terré chez soi ou de mettre sa vie en péril dans un moment de lucidité ou de d'abandon de certitudes quant aux autres.

Mieux vaut tagger à l'encre sympathique, ce serait plus sympathique.

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Re: mafia : politique/journaliste/Entreprise/ServiceSecret

Message par zagorka » lundi 30 mars 2009 9:15

Ne pas réfléchir ? Posons nous plutôt la question d'un système qui fait tout pour casser nos esprits critiques. à commencer par l'école qui est un gouffre de conservatisme.


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