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Dobri Jotev
(1921 - 1998)Dobri Jotev est l'une des figures
de la poésie bulgare moderne. Il entraîna, dans son sillage,
une pléiade de jeunes poètes.
Né dans un petit village des alentours de Pernik , il fit ses
études à Sofia. Il adhéra au mouvement communiste,
ce qui lui valut, en 1942, une condamnation à 15 ans d'emprisonnement
en vertu de la "loi sur la protection de l'Etat" . Dobri Jotev
réussit à s'évader pour rejoindre la résistance
communiste.
Après la Seconde Guerre mondiale, il travailla aux éditions
"Narodna Mladej" (Jeunesse populaire) où il contribua,
par ses conseils et par son soutien, à la révélation
de jeunes écrivains. Il collabora également au journal satirique
"Starchel" (Frelon).
Ses premiers recueils de poèmes, "Soif" et "Vents
impétueux", parurent dans les années 1950 et furent
suivis de : "A l'appel de l'aube", "Cris", "Soleils
amoureux", "Premiers pas", "Sur les routes",
etc.
Poèmes d'amour, poésies pour enfants, contes philosophiques,
récits, drames, pamphlets, il s'essaya dans presque tous les genres
littéraires. Son œuvre poétique s'articule autour de
la recherche d'éléments païens, survivances des croyances
des Slaves et des Protobulgares qui, cristallisés dans les célébrations
et les pratiques chrétiennes, avaient constitué l'un des
traits originaux de la culture bulgare. Ce retour aux sources les plus
anciennes de la spiritualité du peuple bulgare nourrit ses méditations
et stimula sa créativité. Ses poèmes s'inspirent
des traditions de la poésie orale dont ils épurent la forme,
dynamisent les rythmes et les jeux de rimes pour brosser, d'un trait rapide,
des paysages typiques et dépeindre l'atmosphère des campagnes
et des villes.
Les poèmes présentés ci-dessous sont extraits des
recueils "Premiers pas" et "Soleils amoureux".
Traduits du bulgare par Ralitsa Mihailova-Frison-Roche
Les Corbeaux
Blanches
sont notre maison,
la grange
et la cour.
Blanches
sont les meules
de foin.
Blancs
sont les champs
et même le Balkan.
Seuls
les corbeaux,
noirs, tout noirs,
tournoient
en nuées
là-bas,
dans la vallée.
Ils tournoient,
les ailes déployées,
au-dessus,
des fourrés,
des rivières
et des champs
tout blancs.
Ils tournoient
en cherchant
vainement
un petit coin noir
pour se poser.
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Aquarelle
Le vent
matinal
frémit
dans
les feuillages.
Deux
tourterelles
roucoulent
sous
l'œil doux
d'un nuage.
Un rameau
les berce,
perlé
de rosée.
Les rayons
dorés
du soleil
levant
embrasent
le petit
bosquet.
Deux
tourterelles
roucoulent
éperdues,
et voilà
c'est tout.
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Réponse
- Pourquoi tu m'aimes ?
- Demande à la rivière
pourquoi elle court
toujours vers la mer,
pourquoi elle se jette
dans ses eaux.
Demande à la rivière… - Pourquoi tu m'aimes
?
- Demande à la Lune
pourquoi elle tourne
autour de la Terre,
pourquoi elle reste
toujours à côté d'elle.
Demande à la Lune...
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Confidences
Comme un soleil dans un désert glacé,
comme un orage d'été dans un vallon étroit
tu viens vers moi et, le souffle coupé,
assoiffé, je t'accueille dans mes bras.
Un tourbillon de désir nous emporte
là où tout est fougue et émoi
Qui a dit que dans une vie
on peut aimer une deuxième,
une troisième, une quatrième fois ?
Non ! Ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai !
Je ne suis pas ton deuxième amour,
tu n'es pas ma troisième bien-aimée.
Tout amour brûle d'une flamme
qui n'a encore jamais brûlé,
Tout amour brille d'une lumière
qui n'a encore jamais brillé.
Tout amour est un air
que personne n'a encore joué.
Tout amour est un chemin
que personne n'a encore emprunté.
Une vérité nouvelle, un monde sans pareil.
Allons, marchons, marchons, marchons.
Les horizons s'embrasent et nous appellent
Vers ce chemin tout neuf et lointain.
Mon amour, généreux et unique,
Mon premier amour… |
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