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Stéphane Guetchev
21.1.1911 - 4.1.2000
par Guéorgi Vassilev
La création permanente était le mode de vie du grand poète
et écrivain bulgare Stéphane Guetchev. Son premier recueil
de poésie "Carnet" (1967) par son esprit novateur a scandalisé
les senseurs idéologiques, ce qui lui a valu une avalanche de represailles.
Pour qu'il puisse publier de nouveaux livres poétiques, il dût
attendre l'arrivée de la tendre révolution de 1989.
Néanmoins dans sa lutte inlassable avec le régime oppressif
et les ténacités du régionalisme culturel en Bulgarie
il est sorti en vainqueur. Ses publications rendues rares par la censure,
étaient ressenties par le jeune public comme des messages du futur.
Ses traductions de "Kavafis" (1963), "Lotréamon"
(1993), son anthologie du surrélisme français (1994), ainsi
que sa traduction et version de "l'Anthologia Palatina"
ont contribué à l'élargissement de l'horizon esthétique
de générations entières.
Peut-être vaut-il mieux citer à ce sujet les paroles de
Blaga Dimitrova, poétesse bulgare réputée: "Je
connais un puit, étouffé sous une ombre épaisse qui
tout de même a abreuvé et continue d'abreuver les germes
de notre poésie moderne." Elle envisageait la présence
de Stéphane Guetchev.
Son talent de créer des visions novatrices a impressionné
le public théâtral à Washington. Le drame de Stéphane
Guetchev "Le procéssus sur la disparition du corps de
Jésus de Nasareth", a été joué
au Columbia Arts Center en 1994 et "Washington post" lui a consacré
deux échos favorables. La professeur Susane Olden-Stahl, émue
par le drame, a emmené ses étudiants voir le spectacle.
Finalement ils ont adressé une lettre à l'auteur pour exprimer
leur admiration commune et pour lui demander de leur envoyer un exposé
plus développé de sa philosophie. La réponse de Stéphane
Guetchev contient le crédo d'un humanisme nouveau. Nous voudrions
en citer deux phrases principales : « Je suis profondement
persuadé que chaque alternative bipolaire possède encore
un espace suffisamment grand pour y abriter d'autres solutions. Une solution
pareille - la troisième - j'ai essayé de la trouver dans
cette pièce. Puisque l'un des grands malheurs de l'humanité
est que nous n'acceptons pas une troisième possibilité ».
L'écrivain nous avertit encore de « ne pas tomber
captifs de notre égoisme, de notre "me first" / tout
d'abord moi, lequel est devenu l'impératif de millions de gens. »
« Et ma conviction profonde est, ajoute-t-il, que nous sommes
créés pour transformer notre petite planète en un
paradis spirituel. Autrement nous serons détruits. Plutôt,
nous nous détruirons nous mêmes ».
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