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La musique bulgare

La musique bulgare est, comme partout, riche de l'histoire de son peuple et des influences qu'il a subit au cours du temps. Il faudrait d'ailleurs parler de musique au pluriel, car entre le milieu rural (musique dite traditionnelle - "folklorna" en bulgare) et le milieu urbain où s'est développé dès le 19ème siècle le genre classique autant que le genre populaire, ou encore la musique religieuse (rite byzantin puis orthodoxe), on est face à une grande richesse de genres. Loin d'être figés, tous ces courants (avec introduction du jazz, de la musique électro-amplifiée, etc.), continuent d'alimenter une vie culturelle et artistique spécifique au pays, ce qui fait qu'on peut parler de musique bulgare différente de celle de ses voisins.

La musique de tradition rurale est peut-être, vue de France, la plus "emblématique". C'est une musique de caractère fonctionnel et rituel, liée au contexte agro-pastoral et au mode de vie communautaire ancestral (rites de passages comme le mariage, fêtes calendaires, veillées, moissons...).

Appelée "изворен фолклор" (izvoren folklor, folklore de source) - folklore étant pris au sens de savoir et pratiques populaires), elle est abondamment collectée dès le milieu du 19ème siècle et servira de base pour la construction, après 1945, d'une musique officielle ("obraboten folklor", litt. tradition ré-écrite ou retravaillée), appuyant l'idéologie communiste en tant qu'art "populaire" s'opposant à l'art "bourgeois".
Malgré la disparition rapide de son contexte, ce genre "izvoren" a été maintenu vivant grâce à la constitution d'ensembles amateurs dans les villages où les plus âgés ont transmis aux plus jeunes.

Le genre "obraboten" s'est extrêmement développé et reste très vivant de nos jours encore. On peut citer pour le représenter, le « Mystère des voix bulgares », ou encore l'ensemble Filip Kutev.

Chants et danses traditionnels bulgares par l'ensemble Filip Koutev

http://youtu.be/PQEXhDkSCL4

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Instruments musicaux traditionnels bulgares

Photo de deux gaïdari en répétition

C'est suite à la fusion du "folklor" avec les genres contemporains - les spécialistes parlent aujourd'hui de métissages et parfois de "world music", que l'on peut entendre aujourd'hui des musiciens tels que Théodosii Spasov - pour citer l'un des plus connus, qui avec sa flûte kaval, instrument typiquement bulgare s'il en est, visite tous les genres, du jazz au classique, musique de film, etc.

Parmi les instruments dits traditionnels, outre la flûte kaval, citons la cornemuse gajda (photo : deux joueurs de l'ensemble Manol Raditchev du village de Guela' ), et la vièle gădulka, qui avec le luth tambura et la grosse caisse tăpan sont les plus représentatifs.

Sortis des villages à l'époque communiste, ils ont été intégrés aux orchestres dits traditionnels (ou populaires : litt. "naroden orchestar").

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Musiques diverses

La musique religieuse se base elle aussi sur des sources très anciennes, parfois écrites - à la différence de la précédente, uniquement orale.
Citons, à la fin du 13ème siècle-début du 14ème, les chants orthodoxes de Joan Koukouzel [Yoan Kukuzel]. Suite à l'invasion, à la fin du 14ème siècle, de la Bulgarie par les Turcs, le pays fut placé sous la tutelle du patriarche de Constantinople, et le grec devint la langue du chant liturgique au détriment du bulgare. Cela dit, dès le 18ème siècle, et au 18ème siècle, l'école de chants du monastère de Rila parvient néanmoins à imprimer son style.

Pendant la deuxième partie du 19ème siècle, la musique urbaine fait son apparition, avec des genres légers, ou divertissant, que l'on qualifierait de commerciaux de nos jours. Avec le développement de la radio, puis de l'enregistrement, elle connaît un grand succès et donne de nos jours des genres parmi lesquels on compte ce qu'on appelle la "chalga" [tchalga] ou le "pop folk".

Après 1878, période dite de la Renaissance, la musique de la société bourgeoise, autrement dit, la musique classique, se développe. Elle est la musique de l'élite culturelle de la nation bulgare et peut être qualifiée de "nationale" : dans la musique de Pantcho Vladiguerov, Panayot Pipkov, Marin Goleminov, on retrouve les motifs traditionnels d'origine rurale. Il est d'ailleurs d'usage pour les compositeurs à cette époque d'émergence des Nations, sorties, qui de l'Empire ottoman, qui de l'Empire austro-hongrois, d'aller chercher l'inspiration parmi le peuple, considéré comme porteur de l'identité culturelle nationale (bulgare, hongroise, serbe, etc.). Les deux premières décennies du 20ème siècle sont marquées par la musique symphonique, de chœur, par des composition pour la danse, et par la création du premier opéra bulgare : « Siromahkiniata » du compositeur Emanuil Manolov. La première symphonie proprement bulgare est écrite par Gueorgui Atanassov.

Le premier chœur d'enfants « Bodra Smyana », créé en 1947 par Bontcho Bontchev est connu dans le monde entier.

Citons aussi des artistes tels que la soprano Christina Morfova, le bariton Christo Brambarov, les basses Boris Hristov, Nikolaï Guiaourov, la fameuse « Tosca » interprétée par Rayna Kabaïvanska, le pianiste Youri Boukoff, le jeune violoniste prodige Svetlin Roussev, etc.

De nombreux festivals, représentant tous ces genres de musique ont vu le jour dans la deuxième moitié du 20ème siècle. Le festival de Koprivchtitsa est à retenir, pour le "folklor" ; il a lieu depuis les années 1960 et se tient encore en cette année 2010, mais il faut aussi parler du Varnensko Liato, festival estival de Varna, de réputation internationale et qui associe théâtre et musique, des semaines musicales de Sofia, du festival de jazz de Bansko ou encore du festival Zlatniat Orfei (Orphée d'or).

Cela nous permet de rappeler que Orphée, personnage mythique s'il en est, serait né en Bulgarie...la musique est donc, sur ces terres, une longue tradition...

Iva Iordanova et Marie-Barbara Le Gonidec

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Du patriarcat au communisme : les femmes et la musique en Bulgarie

Dossier de Marie-Barbara Le Gonidec paru dans la revue « Les cahiers d'ethnomusicologie », n°18, 2005, pages 175 à 184.
Femmes et musique bulgare

Anthologie des chansons populaires de la Bulgarie

Réalisée par Yoto Yotov. 626 pages, 1,8 Mo, à télécharger.
« La forêt se mit à pleurer : chansons populaires bulgares »

www.notesdumontroyal.com/document/24a.pdf

Chansons populaires bulgares

Recueil d'Auguste Dozon (Paris 1875), consul français à Plovdiv. Les chansons sont présentées dans leur version originale et en traduction française.
Chansons populaires bulgares Inédites

La littérature orale bulgare

Hélène Nelva, professeur à l'Institut national des langues et civilisations orientales à Paris, présente une vingtaine de chants traditionnels de Bulgarie recueillis au XIXe siècle, complétés de commentaires et de leur histoire.
La littérature orale bulgare : édition bilingue français-bulgare

Pages web sur la musique bulgare

La Bulgarie présentée par les chants polyphoniques déclinés à travers la peinture, la photographie, des extraits littéraires.
La Bulgarie des chants polyphoniques

Le site d'Isabelle Courroy, spécialisée dans le jeu des flûtes kaval.
www.kaval.org

Nikola Gantchev, joueur de kaval.
http://kaval.dir.bg

"Voyage musical en Bulgarie, au détour d'un rythme"

Film documentaire réalisé par Arthur Cemin, diffusé sur la chaîne de télévision "Mezzo", et le 30 novembre 2004 dans la salle de cinéma parisienne Le Denfert.
Lire l'entretien avec Arthur Cemin

Chants et vie de Linka Gekova Gergova du village de Bistritsa par Martha Forsyth (en anglais).
www.forsyths.addr.com/linka

Le site officiel de Théodosii Spassov
http://theodosiispassov.com

Un article de Nikolaï Kaufman paru dans la revue Ethnologie française, 2001/2, Tome XXXVII, p. 219-227.
Kaufman N., L'ethnomusicologie bulgare

Les grandes voix bulgares
www.bulgarianvoices.com

Morceaux de musiques bulgares joués à la gaïda
www.gaida.com

Mis en ligne le 29 juillet 2010 - Mis à jour le 27 juin 2014

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