Le monastère bulgare de Zographe (Zographou-Zografou) sur le
Mont Athos
Mont Athos est le nom de la plus orientale des presqu'îles de la
péninsule chalcidique (près de Thessalonique en Grèce).
Elle a près de 60 km de long, 8 à 12 km de large et une
superficie d'environ 360 km2. C'est là qu'a survécu jusqu'à
aujourd'hui un grand centre monastique.
Les premiers centres de vie monastique furent situés en Égypte,
en Syrie et en Asie-Mineure, puis en Palestine et à Constantinople.
Il n'en reste que quelques monastères abritant très peu
de moines ou des ruines de bâtiments qui témoignent de leur
splendeur passée.
Le Mont Athos est un endroit propice à la vie spirituelle et à
la méditation par son isolément, ce qui suscita une grande
affluence de moines et le fit connaître comme la « Montagne
Sainte » depuis l'époque byzantine moyenne. Ce nom fut officialisé
par une chrysobulle (nom donné à un
acte officiel ou une loi de grande importance. Ce nom signifie bulle d'or
et fait référence au sceau en or de l'empereur byzantin
- édit scellé d'une bulle d'or. Sources Wikipedia/Unesco)
de l'empereur Constantin Monomarque au milieu du XIème siècle.
Vers la fin du même siècle, une chrysobulle d'Alexis Ier
Comnène, y interdit entre autres, l'entrée de tout être
vivant de sexe féminin. À partir de cette époque,
la Montagne Sainte entre officiellement dans l'histoire comme centre monastique
dont l'autonomie fut préservée même après la
prise de Constantinople en 1453 par les Turcs.
Vingt monastères y restent actuellement en activité, dont
le monastère bulgare de Saint-Georges-le Zographe .
D'après la tradition, il fut fondé au Xe siècle par
trois Bulgares d'Ohrid : Moïse, Aron et Jean, frères du roi
Samouïl (997-1014). Selon la légende, ils ne furent pas d'accord
sur le nom du monastère et décidèrent de s'en remettre
à la volonté divine. Ils enfermèrent dans l'église
une plaque de bois et prièrent pour que le miracle ait lieu. Lorsqu'ils
vinrent constater le résultat, ils trouvèrent peinte sur
le bois l'image de Saint Georges auquel ils consacrèrent alors
le monastère sous le nom de Saint Georges Zographos, c'est-à-dire
le peintre. L'histoire ultérieure du monastère nous échappe
parce que beaucoup d'archives ont été brûlées.
Au Moyen Âge, le monastère de Zographe fut un centre religieux
et littéraire significatif. Il fut favorisé par de larges
donations des rois bulgares. Cet épanouissement fut interrompu
le 10 octobre 1276 par un pillage de pirates catalans. Les assaillants
détruirent la tour bâtie par le roi Ivan II Asen (1218-1241)
et les 22 moines qui y étaient restés pour défendre
le monastère furent brûlés vifs. Un monument érigé
dans la cour du monastère en 1873 rappelle ce martyre. C'est à
Zographe que vint vivre en 1745 le moine Païsi, un grand patriote
et humaniste bulgare. Il écrivit en 1762 sa remarquable «
Histoire slavo – bulgare » poussé par la volonté
de réveiller la conscience de ses compatriotes et de les encourager
à lutter pour leur libération spirituelle et politique.
L'église
actuelle du monastère date de 1801, tandis que ses peintures murales
sont de 1817. Parmi ses objets précieux on peut citer deux grandes
icônes portables de Saint Georges dans la nef. L'une est considérée
comme non faite de main d'homme. Elle date de l'époque des premiers
fondateurs du monastère. La légende raconte qu'un évêque
incrédule, ayant posé son doigt dessus, le vit rester collé
sur l'icône (sur laquelle on voit une phalange
collée encore aujourd'hui).
La seconde icône date de 1822 et porte un riche revêtement
d'argent (photo ci-après).
Le monastère possède deux autres icônes vénérées
de la Vierge : Akathistos et Epakonoussa. Au sujet de la première,
on dit qu'un vieux moine lisait sans cesse devant elle l'hymne Akathisos,
si bien que la Vierge prévint les moines avec cet hymne de l'arrivée
des pirates et permit à ceux qui le voulaient de s'échapper.
Quand à l'autre icône, la tradition rapporte que le moine
Cosmas (fin XIIIe - début XIVe siècle) s'interrogeait devant
elle sur la meilleure conduite à tenir pour sauver son âme
lorsqu'une voix lui conseilla de sortir du monastère et de pratiquer
l'ascèse solitaire. Les ermitages couvrirent progressivement les
pentes de la montagne environnante et hébergèrent la majorité
du millier de moines que compta le monastère à son apogée.
La bibliothèque du monastère garde de nombreux manuscrits
anciens parmi lesquels se trouve l'original de l'« Histoire
slavo – bulgare » de Païsi.
Nous remercions madame Dimitrina Aslanian
de nous avoir préparé cette page.
Mis en ligne le 14 juin 2005
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