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La Bulgarie est restée sous la domination ottomane pendant presque cinq siècles, de 1396 à 1878.
De nombreux soulèvements eurent lieu, tous réprimés dans la violence.
Vassil Ivanov Kountchev, surnommé "levski" (lion) pour son courage
et sa force fut l'organisateur et fondateur d'un mouvement révolutionnaire
à échelle nationale.
[Portrait présenté au concours Vassil Levski 2007 à Karlovo]
Il est né le 18 juillet 1837 (06 juillet d'après l'ancien calendrier) à Karlovo en Bulgarie. A 14 ans il est ordonné diacre au monastère de Sopot, sous le nom religieux d'Ignatius. En 1862 il part pour Belgrade s'enrôler dans la première Légion armée bulgare fondée par Georgi Sava Rakovski, puis il revient en Bulgarie et met en place avec détermination une structure en fondant des comités clandestins révolutionnaires départementaux, en renforçant la police secrète, en mettant en place la formation de chefs militaires, en récoltant des fonds destinés à l'armement et il réussit ainsi à réunir des milliers de combattants appartenant à toutes les couches sociales.
Dit l'Apôtre de la révolution, l'Apôtre de
la liberté, Vassil Levski avait pour devise :
« Une fois liberés, créer une "sainte
et pure Republique" où chacun pourra y vivre librement, indépendamment
de son origine, de sa religion, de ses convictions.»
Le poète-révolutionnaire bulgare Christo Botev l'appelle "Vassil le Diacre" et le décrit comme un personnage ayant un caractère inouï, toujours joyeux et aimant la danse et le chant.
Photo d'une page de son agenda rempli de notes.
« Que désirer encore après avoir vu ma Patrie libre! » Ces mots de Vassil Levski révèlent son abnégation et sa sincérité.
Trahi, il fut jugé par un tribunal turc, condamné à mort et pendu à Sofia le 19 février 1873.
Mardi
16 octobre 2007, la pose d'un bas-relief de Vassil Levski sur la façade
de l'Ambassade de Bulgarie à Paris, côté place de
la Résistance, a été officiellement inaugurée
par le Président de la République de Bulgarie, monsieur
Gueorgui Parvanov et par madame Irina Bokova, ambassadeur de Bulgarie
à Paris, accompagnés de madame Anastasia Mozer de l'Assemblée
nationale de Bulgarie et du ministre bulgare des affaires étrangères,
monsieur Ivaïlo Kalfin.
Sur la plaque on lit le texte suivant, écrit également
en cyrillique :
« Etre égaux avec les autres peuples européens ne dépend
que de nos propres et communs efforts. »
Vassil Levski
Le 18 juillet 2007 a été fêté à Karlovo le 170ème anniversaire de sa naissance.
Chaque année se déroule dans plusieurs villes de Bulgarie une cérémonie en commémoration de la pendaison de Vassil Levski le 19 février 1873.
Ci-dessous l'allocution prononcée auprès du monument consacré à Vassil Levski à Sofia le 19 février 2003 par le Professeur Boyan Bioltchev, docteur ès lettres, recteur de l' Université "Kliment d'Okhrid".
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C'est avec douleur et une extrême affliction qu'aujourd'hui,
le 19 février, nous vous retrouvons en ce lieu où, il
y a cent trente ans, est survenue la mort de Vassil Levski, jour devenu
une des plus sombres commémorations de la Bulgarie.
Et l'on ressent à quel point est pénible et responsable
toute formule le concernant.
Car L'«Apostol» (L'Apôtre) est depuis longtemps l'objet
d'éffusions oratoires, tant de choses ont été dites
à son propos, tant de phrases pathétiques, lestes et superficiellement
passionnées résonnent depuis les années de notre
libération nationale. Et c'est compréhensible, il est
l'autel du bon moral populaire, le critère de notre imperfection
humaine, mais également le symbole des instants, aussi brefs
soient-ils, de notre portée historique.
C'est dans son ombre que cherchent leur stature les nabots, trouvent leur humilité et leur contrition les honnêtes gens ordinaires, tandis que les plus ingénieux voient en lui leur sommet hors de portée. Or, Levski est resté dans l'au-delà, dans ce temps qui lui est propre et qu'aujourd'hui nous pouvons dénommer inaccessibilité de notre idéal national bulgare. Diakon (Le diacre) connaît fort bien les paroles évangeliques de Jésus: "Ce ne sont pas les bien-portants, mais les malades qui ont besoin de medecin !". L'Apôtre, en outre, sait autre chose : la maladie dont souffre le Bulgare réside dans sa finaude obédience, son maudit instinct de survie à tout prix, sa basse passion de s'agencer rapidement et pour longtemps. Et il se sacrifie pour guérir cette maladie. Il est celui qui pousse, en s'astreignant , l'esclave cinq fois séculaire, vers la dignité humaine. Il est celui qui nous dévoile que la vie, la vraie, ne consiste pas à éprouver une satiété bestiale ; il est celui qui nous suggère, majestueusement et effroyablement, que les intérêts de la personnalité mènent à la dépravation quand ils deviennent un but en soi, quand est brisé le lien avec les intérêts et le destin du peuple. Mais, en même temps, Levski est ce bulgare qui a su déceler les grandes vérités pour la société et l'homme, avant même qu'elles ne se soient transformées, pour nous, en slogans de la civilisation européenne. Dans tout ce qui nous arrive et nous dépasse aujourd'hui, nous percevons autant la parole initiale que le regard désapprobateur de l'Apôtre.
Saluons donc en lui le citoyen de l'Europe et du monde, lors même
où l'Europe et le monde, imbriqués dans des luttes et
des inimitiés, n'osaient présumer que timidement la crédibilite
d'une telle citoyenneté. Entre nous et l'Apôtre se trouve
le XX ème siècle - le plus performant sur le plan technique
et le plus sanglant quant à l'histoire de l'humanité.
Pourvu qu'en ce nouveau siècle - tous ensemble et loin de nos
égoismes suicidaires, de nos verbigerations et de nos étroitesses
d'esprit et de vue - nous puissions aboutir à une, au moins une
chose - le comprendre tant soit peu. Ressentir jusqu'au fond du coeur
que, depuis fort longtemps déjà, il porte notre croix
bulgare et qu'il est grand temps, pour nous, de la porter sur nos propres
épaules. Nous avons réduit la recherche de son délateur
concret et de sa tombe physique en un sport national. Alors qu'en somme,
nous tous, au détail et dans le quotidien, nous continuons à
trahir jusqu'à ce jour l'oeuvre de Vassil Levski, en écartant
la pensée de le voir enseveli, uniquement et à jamais,
au fond de nous-memes, en notre âme et conscience.
Ici et maintenant, il ne nous reste qu'à prononcer :
Nous te demandons pardon, Apôtre !
Allocution traduite par madame Vera Marinova
Dernière mise à jour 29 octobre 2009