Bulgarie |
Histoire de la Bulgarie
Les fouilles à Varna sur la mer Noire mirent à jour en 1972 l'existence d'une des plus anciennes civilisations de l'Europe (5e millénaire av.J.C.), contemporaine de celle de l'Asie Mineure et de l'Anatolie et disparue pour des raisons inconnues. Les Thraces, les plus anciens habitants du territoire bulgare actuel, laissèrent de nombreux tumuli où l'on trouve des trésors remarquables portant l'empreinte des grandes civilisations des peuples de l'Antiquité qui avaient envahi le territoire thrace entre la fin du VIIe et les dernières décennies du Ve s. av.J.C. : les Grecs dont les comptoirs Sozopol, Messemvria (Nessebar), Odessos (Varna) apparurent sur la mer Noire, les Macédoniens et les Romains. Les vestiges romains existent partout en Bulgarie .
Les invasions des Slaves commencèrent au VIe s. en provenance des rivages
du Danube inférieur. Le fait décisif pour la fusion complète entre les Bulgares et les Slaves païens fut la conversion à une religion commune, le christianisme, au IXe s. pendant le règne de Boris Ier (852-888). Le pays fut placé sous la juridiction spirituelle du Patriarcat de Constantinople, mais il obtint l'autonomie pour son Eglise. L'introduction de la liturgie en slavon fut faite par Kliment dit d'Okhrid et Naoum, élèves de Cyrille et Méthode - les créateurs de l'alphabet slave dit glagolitique. Peu après, Kliment d'Okhrid donna une nouvelle écriture, appropriée à la langue bulgare rounique, que l'on appela cyrillique. Elle servit à créer les moyens d'expression qui permirent à la Bulgarie de s'associer à la civilisation européenne et d'y contribuer : à quelques adaptations près, l'alphabet cyrillique est toujours utilisé aujourd'hui par la Fédération de Russie, les Ukrainiens, les Biélorusses, les Serbes et les Macédoniens. Après le "Siècle d'Or" pendant le règne
de Siméon le Grand (893-927), le pays connut une décadence
qui aida Byzance à le soumettre à son pouvoir entre 1018 et 1186. Le rôle
le plus important pour la préservation de l'identité et
de la culture bulgares pendant cette époque sombre fut joué
par les monastères, dont celui de Batchkovo S'ensuivirent cinq siècles d'asservissement par les Turcs (1396-1878). Malgré l'oppression physique, politique et religieuse, les Bulgares réussirent à préserver leur conscience nationale. Elle connut un fort regain de vigueur à l'apparition d'ouvrages littéraires ressuscitant le riche passé occulté, dont le premier était la célèbre histoire slavo-bulgare du moine Paissi dit de Hilendar écrite en 1762 et largement répandue parmi le peuple. Après un soulèvement national ensanglanté (1876) et la libération de
la Bulgarie par les Russes, le traité de San Stefano
Une constitution très démocratique fut votée et le premier prince Alexandre de Battenberg régna de 1878 à 1887. A la suite d'une révolte sans effusion de sang, les deux parties du pays se réunirent en un seul Etat bulgare (1885) et les Grandes Puissances d'Europe durent se résigner à cet affaiblissement ottoman. Sous son successeur, le prince Ferdinand de Saxe-Cobourg Gotha (1887-1918), le pays fit preuve d'un remarquable élan économique et culturel. En 1908, Ferdinand se proclama Tsar des Bulgares et constitua le Troisième Royaume Bulgare qui subsista pendant le règne de son fils Boris III (1918-1943), période de prospérité et de soubresauts politiques, et de son petit-fils Siméon II (1943-1946). Relativement peu touchée pendant la seconde guerre mondiale, la Bulgarie
passa sous régime communiste avec l'entrée de l'armée rouge le 9 septembre
1944 et fut proclamée "République Populaire" en 1946. La suprématie
de l'USSR en Bulgarie avait déjà été assurée par le partage de l'Europe
centrale et orientale, conclu à Moscou entre Churchill et Staline dès
octobre 1944. La population subit la terreur du "Stalinisme pur"
(1948-1956), suivie entre 1956 et 1989 des périodes du culte de la personnalité
et de la Perestroika. Réputée satellite fidèle de l'USSR, les relations de la Bulgarie communiste avec l'Europe de l'Ouest et les USA avaient été distendues et compliquées. De nos jours, elle reste en dehors des conflits ethniques armés qui bouleversent l'Ouest de la péninsule et elle constitue, ainsi, un facteur de stabilité au cœur de la "poudrière" balkanique. La démocratie se développa avec plusieurs alternances politiques entre les "Rouges" et les "Bleus". Les gens commencèrent à prendre en mains leur propre avenir et la situation économique s'améliora. Un événement unique eut lieu en Bulgarie le 17 juin 2001 : un ex-roi, Siméon II, revint au pouvoir par le sacre du scrutin populaire. Après une campagne législative éclair, un nouveau mouvement appelé "Mouvement populaire Siméon II" remporta exactement la moitié des sièges de députés au parlement. Siméon de Saxe-Coburg Gotha avait proposé de prendre en charge le destin de son peuple et accepta le poste de Premier ministre. Un défi difficile à relever après l'espérance suscitée par son arrivée. Un nouveau président de la République fut élu au mois de novembre 2001. La curiosité à l'égard de la Bulgarie augmenta davantage car c'était un pays dont le Premier ministre était un ancien monarque et le président élu, Gueorgui Parvanov, un ancien communiste. Cette curiosité fut d'autant plus justifiée que Siméon II, mineur durant son règne, n'avait pas alors exercé le pouvoir et que Parvanov n'appartenait pas à l'élite communiste lorsque celle-ci avait gouverné le pays. Peu de temps après, les difficultés que les Bulgares rencontrèrent dans leur vie quotidienne entrèrent en contradiction avec les grands espoirs nourris pendant les périodes électorales et la croyance en des solutions rapides. La Bulgarie participe à la lutte contre le terrorisme mondial et rejoint la coalition des Etats-Unis contre l'Irak. Elle fut admise dans l'OTAN le 29 mars 2004. Le traité d'adhésion à l'Union européenne fut signé le 25 avril 2005 à Luxembourg. Son entrée est prévue pour 2007, sauf si elle ne satisfait pas aux clauses de sauvegarde qui concernent cinq sujets dont la lutte contre la corruption et la réforme de la justice. L'économie de marché s'impose en s'appuyant sur le dynamisme des entrepreneurs. Les illusions s'estompent et il devient évident que les gens ne doivent pas s'attendre à une solution indolore des problèmes du pays. Leur solution ne viendra que grâce aux efforts unis de l'ensemble du peuple. Dimitrina Aslanian Nous remercions Dimitrina Aslanian, auteur du livre "Histoire de la Bulgarie de l'antiquité à nos jours" de nous avoir fourni ce document. Le livre >> Nous remercions Françoise Asfazadourian et Marie Loris pour les photos. Dernière mise à jour 30 janvier 2006 |